GarbageCollector

Le blog qui lutte contre les fuites de mémoire.

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Entracte

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; »
LXXVIII. Spleen. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal



Je devais écrire la suite de mon exposé sur l’Humour, mais force est de constater que je ne puis le faire. Il m’est aujourd’hui impossible de parler de nos illustres anciens qui s’essayèrent de manières variées d’égayer nos journées en proposant qui un savant calembour, qui une farce ravissant, le temps d’une après-midi, les enfants pauvres mendiant dans les rues de Londres au XIXème siècle.
Ces bambins abandonnés qui n’ont eu d’autre choix que de se débrouiller par eux même dans une vie qui ne les attendait pas, face à la cruauté des adultes méprisants et indifférents ou au contraire malintentionnés.
Ah ! mais quelle espèce animale sommes-nous donc pour abandonner ainsi notre futur, et ne songer qu’à la futilité du moment présent ? N’avons-nous donc aucune âme ? Aucune conscience ? Aucun amour propre ?

Alors que les beaux jours sont déjà derrière nous, et que se pointent les sanglots longs (dans mon pays natal, la Bretagne, on dirait : « Alors que l’hiver touche à sa fin, une vague de froid s’abat sur la région, annonciatrice de la saison à venir. Prévoyez vos kabics, l’automne sera un petit peu humide certaines semaines. Toutefois, réjouissez-vous, il fera beau deux à trois fois par jour. »), je ressens déjà l’effet mélancolique que génèrent les feuilles rousses tombant en tournoyant au gré des vents. N’entendez-vous pas, mes amis, les hurlements tantôt stridents, tantôt sourds, des esprits torturés amenés par les rafales de bise, s’immisçant dans les appartements, s’engouffrant dans les ruelles pavées où dorment de petits chatons, attendant vainement que leur mère, affamée, ait suffisamment de lait pour nourrir toute la portée.


D’où viens-je ? Où verge ? Dans quel état erge ? J’ignore de le savoir.

Septembre, c’est aussi l’odeur de la craie, le début du calvaire pour beaucoup ; l’ordre, la discipline que l’école exige, et les lignes à l’encre que les punitions réclament. Des baignoires remplies, des gâteaux coupés en parts égales, des pièces de monnaie en trop pour les boulangers, contraints d’utiliser des COD et des COI pour vendre leur malheureuse baguette.
Cette période à un pouvoir nostalgique puissant : nous revoilà en culotte courte, pleurant, hurlant notre détresse, nous accrochant aux jupes de la mère pour l’empêcher de nous entrainer dans cette folie pleine de mesquinerie.

Mais déjà, bientôt nous partirons le matin et reviendront le soir sans avoir vu un seul rayon de soleil, et nous serons alors tous d’humeur grise, maussade (d’aucun diront que je suis au chômage, donc que se lever à 7h, ça ne me concerne pas mais bon… je compatis).
Allumant la télévision pour les informations du soir, nous n’assistons qu’aux mêmes scènes pathétiques de guerre et de misère. Le moral est en baisse, le pouvoir d’achat aussi. Nous sommes interdits de consommation à Carrefour, nous ne pouvons assumer notre capitalisme intrinsèque, ce qui équivaut à renier ce que nous sommes : si Superman perdait ses pouvoirs, il ne serait plus rien, Loïs Lane irait voir ailleurs, il perdrait son job et probablement se suiciderait. Tout comme nous.


Vu dans Stars Déchues(r) :
Superman a perdu ses pouvoir depuis un mois : il ne parviens même pas à faire ses courses !


La fin de l’été annonce bien plus encore, comme le retour à la solitude habituelle que les plages et campings auront fait oublier (d’aucuns diront que je n’ai pas connu ça cette année, mais bon… je suis censé prendre le temps d’un post la place de votre conscience). Cet abandon de soi inévitable, qui s’apparente à un exil qui vous isole de tout contact. Le rêve de pouvoir discuter, partager, nous hante et les voies de secours pour communiquer sont minces et peu nombreuses. Ce n’est pas le téléphone, qui sonne si peu souvent, qui va nous faire sentir plus proches des siens. Ni les SMS. Il est si difficile d’établir un contact avec sa famille et ses amis, n’en déplaise à MSN et consorts. Ou même Facebook, Copains d’Avant, Twitter. Ni les emails, le courrier postal ou le télégramme. Les pigeons voyageurs et les signaux de fumée ne sont plus d’actualité, réduisant d’autant les chances d’entrer en contact avec un humain. Certes, il y a ce blog, mais il n’est pas fait pour ça.

Tout cela me fait penser à ceux qui sont loin de chez eux : l’hirondelle, qui a encore un long chemin à parcourir ; Sarkozy, qui devrait penser à un retour aux sources dans la ferme de ses grands-parents hongrois.




Le paysan Sarkozy n’est pas très poli. Je trouve qu’il a un langage un peu ordurier.


Bien entendu, je pense aussi à la harpe de Stivell, à Greensleeves au coin du feu, à celle-ci aussi :


et bien sûr :

J’en ai les larmes aux yeux (d’aucuns parlent de traumatisme acoustique aigüe… je pense au contraire à la détresse de cette jeune fille, manipulée par des grands groupes profiteurs puis mise en pâture à la vindicte des internautes sans scrupules).

Voilà, je pense avoir fais le tour, j’espère vous avoir rendu extrêmement triste, afin que vous compreniez mon incapacité actuelle à écrire quelque chose relevant de l’humour.


En attendant, mon thé aux larmes doit être prêt.


Soyez toutefois assuré, que le prochain billet sera celui tant attendu : la suite du précédent. Et que je n’utiliserais aucun stratagème déplorable et déprimant pour combler, et ainsi masquer le fait que le post initialement prévu n’a pas encore été publié car il n’est actuellement pas :

1)    Terminé
2)    Drôle
3)    Pas chiant

A bientôt pour de nouvelles aventures.

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Auteur: Garbage Collector

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