GarbageCollector

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En guise de promenade dominicale...

Il m’est arrivé un truc de malade ! Le genre de choses qu’on se souvient toute sa vie, en tout cas si, comme moi, on a vous négligemment laissé partir sans vous retirer tous vos souvenirs.

Mais laissez-moi débuter par le commencement :
Au début des temps, était l’infini. Tout était calme et paisible, le néant s’y sentait chez lui, aucun quark ne venait troubler sa quiétude léthargique et le temps lui-même n’existant pas, il n’avait aucunement besoin de se presser. Puis d’un coup, un big-bang est apparu, créant aléatoirement  matière, étoiles, planètes et nénuphars en les envoyant aux 8 coins de l’asymptote. Sur une petite boule bleue, apparut alors la vie, d’abord sous forme de protozoaires, puis s’inspirant du célèbre film de Steven Spielberg, il y eut les dinosaures. Ces derniers devinrent des poules et les hommes donnèrent naissance à ma mère qui, toute empressée qu’elle était de voir ma trogne, me mit un jour au monde.

Genèse ; 1 : le néant, 2 : le big bang, 3 : moi


Quelques années plus tard, lors d’une soirée mardinique, alors que je contemplais une pince à linge dont la partie en plastique était cassée (de la merde en boîte ces pinces à linge – comment voulez-vous pincer du linge avec seulement une moitié de la dite pince ?), reposant maladroitement sur mon balcon septentrioriental, m’est apparu un véhicule pas plus grand qu’une pyramide de Kheops (et encore, la plus petite). Si je devais décrire l’engin, je le qualifierais de plus ou moins rectangulaire mais avec des appendices sortant d’un peu partout. Un peu comme un destroyer impérial, mais en plus cubique. Et vert. Se positionnant au-dessus de mon balcon, un pan de la paroi disparut, pour laisser apparaître deux créatures de taille quelconque mais qui portaient des Nike aux pieds (ils m’ont dit par la suite être passé par Décathlon avant de venir, souhaitant ramener des souvenirs à leurs amis). Deux bras, deux jambes et quatre tentacules jaune orangés (j’appris plus tard qu’il s’agissait d’organes sexuels, ce qui me valut un haut le cœur en me rappelant que je leur avais serré le tentacule en guise de salutation, que j’avais également fait un bras de fer avec une de ces… bites, et que pour couronner le tout, j’ai goûté leur nourriture préparée avec leurs six membres antérieurs) prolongeaient leur corps tout flasque, et leur visage était un croisement de lapin et de crocodile.
« Zbrezkhwjjh uidh ? Kfqjjdhqkj jjj thgd n, ioda, uhdauhpm ; 29929 kfjqhfsqk nb u nyhgdq n, commença l’un des deux zigotos.
— Comment ça ? demandais-je en tendant l’oreille. »
Contrarié, le visiteur régla une molette sur son deuxième pénis en partant de la droite, puis dit d’une voix fluctuante entre les aigus, les graves et l’anglais :
« Zrkjh-vous qui are the most intelligent in das Welt ? »
Je passai outre l’emploi de la mauvaise déclinaison d’allemand, conscient que ce n’est pas toujours facile pour des étrangers de communiquer et répondis, du mieux que je pus :
« Oui, les Humains sont bien les plus intelligents sur cette planète. Enfin, il y avait bien cette histoire de souris, mais je reste sceptique. Êtes-vous venus pour construire une autoroute spatiale ?
— Heu… non, pas le moins du monde, m’assura le second énergumène, en ayant réglé sa molette sur « français, Terre ».
— Ce que nous aimerions savoir, mon compagnon et moi, c’est si vous, Garbage Collector, êtes bien l’homme le plus intelligent de ce monde, continua son acolyte.
— Mhhh… fis-je, dubitatif. C’est possible, en effet. Le fait que je n’ai jamais rencontré d’autres humains avec autant de génie que moi ne signifie pas pourtant qu’il n’en n’existe pas, ou n’en existera pas. »
En toute occasion, je reste modeste sur ma supériorité intellectuelle. Le monde est si vaste, nul ne peut se proclamer plus grand cerveau de tous les temps ! Par contre, il ne sera pas dit que je laisserais des inconnus sur le pas de ma porte-fenêtre sans faire preuve de la moindre des courtoisies !
« Mais, je vous en prie, entrez. Souhaitez-vous quelque chose à boire ?
— Avez-vous du Shlurpfou de Proxima ? Ou à défaut de l’essence de glzyvraks ?
— Je crains que non, mais j’ai du café.
— Vous buvez vraiment ça ? s’exclama l’un des deux apothicaires, au comble de la surprise. Nous nous en servons pour nettoyer nos lieux d’aisance ! »

Je connais cette langue ! C’est du Wingdings !


Après cette introduction, ils m’expliquèrent qu’eux deux, Zglyphon et Plaz-Arbreuse (c’est ce que j’ai trouvé de plus proche en sonorité terrienne), souhaitaient me capturer, m’analyser et me disséquer, en m’assurant que mes ondes cérébrales pouvaient les sauver d’un cataclysme abominable sur leur lointaine planète Arvavion 4, dans la banlieue Aldébaréenne.
J’avoue à cet instant ne pas avoir été très collaboratif, m’entêtant à leur exprimer mon refus de me voir découpé et pour ainsi dire les choses, tué. Comprenez-moi, je n’ai rien contre la mort, bien au contraire, il en faut, c’est sûr, mais sur les autres, plutôt. Il est bien dommage qu’ils aient été contraints d’utiliser leur rayon Arzjhgt… Arzhkgj… Arzhjtga… Oh ! Zut ! Leur rayon qui fait perdre la conscience sans douleur, que tous les enlevés pas les extraterrestres connaissent.
Je me suis naturellement réveillé sur une table blanche avec une forte lumière provenant du plafond, des entraves énergétiques aux poignets et aux chevilles. Zglyphon tenait un appareil étrange, entre la perceuse et la montgolfière, qui, m’expliqua-t-il tout excité (en tout cas, ses quatre membres virils s’agitaient dans tous les sens), devait réussir à capter mes pensées enfouis ainsi que mes rêves. Après insertion de la mèche du glugublugi (marque déposée) dans mon oreille gauche, je vis effectivement mes pensées prendre forme comme autant de petites bulles de savon allant se réfugier dans l’espèce de ballon qui composait la partie montgolfière de l’engin. Plaz-Arbreuse m’injecta une dose de sérum (« urine de Klavuks de Nal Hutta », me dit-il avec une note d’amour dans la voix) afin de m’endormir et ainsi dégager des ondes oniriques qu’ils pourront récupérer.

“Avez-vous été enlevé par des extraterrestres dans leur vaisseau ? Y avez-vous vu ma soeur ? Avez-vous des WC ?”


Lorsque je revins à moi, nous avions quitté le système solaire, et étions arrivé dans le système solaire (assez étonnement, leur étoile portait le même nom que la notre – mais après tout, il n’est pas rare que plusieurs villes portent le même nom en France également). J’avais été détaché, et avais même accès à toutes les parties de l’astronef géométrique (avec toutefois quelques trucs qui dépassent). Mes hôtes m’expliquèrent qu’ils étaient parvenus à synthétiser mes ondes capables de repousser l’envahisseur. J’en fus heureux pour eux et leur demandèrent poliment pourquoi ne m’avaient-ils pas reposé sur mon balcon.
« Nous vous avions oublié. Zglublugg ! » me répondit Zglyphon, en ponctuant sa phrase de :
-    un juron ou
-    un rire ou
-    un éternuement ou
-    toute autre chose inconnue.

Quoiqu’il en soit, avant de me ramener chez moi, ils m’invitèrent sur leur planète à boire de la Plaftarline (assez sucré, mais fortement alcoolisé), à manger du Chnonfhon (viande très tendre, mais particulièrement alcoolisé), à savourer les pâtisseries de Chitzik et de Frugluj (un délice relevé d’une pointe d’alcool très fort) et enfin à jouer à leur sport favori, le Glaphub à Zigortkog (avec les règles modernes des Bételgiens ; le jeu n’est appréciable qu’en étant carrément alcoolisé).
C’est à ce moment-là que débarqua sans prévenir, à l’heure de la trêve galactique, comme les fourbes qu’ils sont, les troupes de la mort de l’Empire des Zurgax (race extraterrestre vaguement insectoïde, mais avec des mamelles de vaches sur chaque oreille). Si j’avais su que j’allais assister – et même participer – à une bataille stellaire, je me serais abstenu de sortir sur mon balcon ! Mais puisque je me trouvais sur cette planète et que par conséquent je me trouvais être une parfaite cible, je fis comme mes hôtes : je me suis procuré des armes Goa’uld dont j’étais bien incapable de me servir, puis j’ai foncé sur les méchants. C’est alors que Zglyphon et Plaz-Arbreuse ont utilisé mes ondes cérébrales uniques dans la galaxie pour repousser l’ennemi. À ma grande surprise, ma puissance intellectuelle, mes cauchemars et mes rêves érotiques opéraient comme un puissant tord-boyaux pour l’esprit étrange des Zurgax. Tous ivres, ils se mirent à vomir leurs tripes et à commencer des parties de striptease. Je me doutais bien que mon intellect sans limite capable de résoudre en une fraction de seconde les équations les plus complexes avait de quoi surprendre, mais j’étais loin d’imaginer que mon savoir pouvait agir littéralement comme une arme !


La guerre était finie, en 42 minutes, grâce à moi. Fort d’avoir pu aider, je demandais à mes amis spatiaux de me ramener chez moi, ce qu’ils firent avec joie.

Ils me déposèrent chez moi, pile à l’heure de l’apéro. Aucun singe salarié ne m’aida à décharger les affaires.

Mes nouveaux amis, venus me rendre une petite visite à l’improviste.

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Auteur: Garbage Collector

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