GarbageCollector

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Derrière son écran, le MJ cache les jets de dés pour pouvoir tricher

Et c’est pareil pour toutes les opportunités de carrière :

  • Prêtre : même pas la peine, je suis athée. J’aurais bien du mal à invoquer les sortilèges divins…
  • Druide : L’idée est intéressante mais nécessite de bonnes caractéristiques en sagesse… Et depuis qu’Astier en a fait un personnage ridicule incapable d’une seule bonne plaisanterie, j’ai perdu un peu l’envie.
  • Rôdeur : Eux, ils ont grave la classe. Tout de brun vêtus, ils pistent les biches, discutent avec les martres et sont les gardiens patients de la nature face aux assauts des humains et autres créatures dégénérées. De plus, avec un peu de chance et la généalogie adéquate, ils peuvent devenir roi du Gondor. Mais pas de chance, ce poste est déjà pris par mon frère.
  • Barbare / guerrier : C’est pas mal ça. D’autant plus que j’ai appris à me battre ! L’arme ? Heu… un « hum »… un bâton, pourquoi ? Ça fait mal un bout de bois dans les tibias. L’inconvénient, c’est que je ne suis pas sûr d’être assez solide pour le job. Habituellement, moi, après le premier coup d’épée, je suis mort. Par conséquent, pour faire première ligne face à un dracosire dérangé dans sa sieste, j’avoue que je ne sais pas trop.
  • Moine : C’est vrai que ça en jette de se battre à mains-nues à la façon Shaolin, mais du coup, je ne suis pas sûr à nouveau d’avoir les compétences. J’ai déjà du mal à toucher le sol en restant debout et en tendant les bras, je me vois mal imiter Jet Li pendant un assaut d’une troupe de drows vindicatifs.
  • Paladin : Faut pas déconner ! Je ne peux pas les blairer, tous des fascos et des sales nazis.
  • Voleur : J’ai beaucoup de respect pour Robin des Bois, Garrett ou Tasslehoff Racle-Pieds, mais ma morale m’interdit de pratiquer les attaques sournoises. C’est vil. Rigolo mais vil.
  • Barde : Ceux qui me connaissent savent pourquoi cette voie m’est refusée. Assurancetourix, en quelque sorte, c’est moi.

Quel classe de personnage choisir ? Difficile le choix est.


Bref, tout ça pour dire que je suis bien emmerdé. Surtout que le MJ actuel ne m’a pas dégoté LE scénario qui m’aurait fait dire humblement « Ouah ! », du coup j’avoue être un peu sceptique sur la suite de l’aventure. Les points d’expériences tombent au compte-goutte, de même que les pièces d’or. En ce moment, je suis dans une partie de la campagne plutôt porte-monstre-trésor mais sans le trésor ; ça perd un peu de son intérêt. En guise de monstres, rien de très lourd, ne vous excitez pas, j’ai ni le niveau, ni l’équipement pour me mesurer à un fimir enragé, délivrer Sire Ragnar et terminer le donjon en affrontant un balor et sa garde de glabrezu. Moi, c’est plutôt L’horrible Vaisselle Sale m’empêche de me nourrir il me faut la combattre ! Après avoir délivré mon évier et mes plaques de cuisson et m’être sustenté, un nouveau démon fait son apparition : Le cent fois maudit Linge Sale qui ne peux être vaincu qu’au terme de trois quêtes harassantes :

  • À la Recherché de la Blancheur Éternelle : Le PJ doit jeter le monstre dans la Cuve des 1000 Tourbillons.
  • La Sagesse de l’Attente Par Temps de Pluie : Le PJ a pour mission de laisser se reposer l’aberration pendant une période indéterminée, afin de le rendre vulnérable à l’attaque finale. Le PJ ne doit surtout pas relâcher son attention : tout contact avec de l’eau permet au cent fois maudit Linge Sale de reprendre des forces.
  • La Guerre des Plis : Pour terminer la quête, s’ensuit un combat à mort avec le démon, dans lequel le PJ doit s’évertuer à l’aplatir grâce aux pouvoirs du Marteau à Repasser de Tempus.
Si le PJ refuse la quête, une malédiction sera invoquée sur lui, l’obligeant à vivre nu à jamais (-5 en charisme de manière permanente).

Le principal inconvénient d’un donjon, c’est de ne pas voir la lumière du jour, de ne pas sentir l’herbe fraiche caresser les orteils (d’un autre côté, en automne, je ne sors que très rarement pieds-nus dans les champs). Mais le scénariste a prévu une partie assez importante de l’histoire en intérieur, sans véritablement de contact amical et sans accès aux échoppes d’armes, de bijoux magiques et de parchemins ; sans doute dans le but de tester la résistance mentale du PJ (au bout du deuxième mois, un jet de sauvegarde de volonté et un de vigueur est demandé tous les trois jours, sous peine de gagner un point de folie et de voir toutes les compétences prendre un malus de 1).
Il faut dire aussi que le background n’aide pas beaucoup non plus dans la distribution d’aventures de premier ordre : Je ne vis pas à Eauprofonde, je suis particulièrement éloigné de Solace, je n’ai jamais voyagé à Midkemia, ni même visité Esgaroth qui est pourtant plus proche, et bien que relativement animée, Nantes n’est décidément pas aussi palpitante que Laelith. Pendant les quelques missions qui m’amenaient au centre ville, je tâchais de rester sur mes gardes, jetant moult coups d’œil autour de moi avant de m’engager dans les ruelles étroites et pavées du dédale labyrinthique que forme les alentours de la Place Royale. En 8 mois que je traîne ma carcasse de PJ au rabais dans cette ville, pas une seule fois, j’insiste, jamais je ne me suis fait attaquer par un assassin, un mage rouge de Thay, un gobelin, une goule ou même un gangrel ! Bien sûr, j’ai déjà croisé quelques zombies les jeudis soirs, mais ils n’ont jamais été belliqueux, commandés sans doute par quelque nécromancien débonnaire. Le problème vient-il de jets de dés vraiment chanceux de ma part, ou la table des rencontres est-elle sabotée ? Comprenez bien qu’éviter toute escarmouche désagréable me ravit, toutefois je ne peux m’empêcher de penser que je ne risque pas de gagner beaucoup d’expérience sans affronter personne, ni remplir ma bourse d’ailleurs. Je me vois donc obligé de chercher des quêtes un peu partout.

L’une de ces ville est Nantes. Saurez-vous la retrouver ? Question subsidiaire : saurez-vous nommer les autres villes ?


Bien souvent les aventures, en tout cas celles des héros de première catégorie, commencent à l’auberge, alors que le groupe d’aventurier est assis autour d’une table devant une bonne pinte de bière (ou d’hydromel pour les elfettes). Un homme, souvent gros et barbu (mais une barbe bien taillée, pas une pilosité naine), des bagouzes pleins les doigts et une propension à parler fort et à rire gras viendra tenter d’engager le groupe pour une mission pleine de promesse, de sang et d’or.



J’ai essayé. J’ai fait toutes les auberges du coin, feintés des dizaines de trolls pour entrer dans des tavernes miteuses et des tambours crevés, et me suis assis à chaque table en commandant chaque type de bière, d’hydromel et de diabolos banane kiwi ; personne n’est venu m’aborder pour me proposer une quête grassement payée, aucun nain n’a cherché à m’enrôler pour dérober un Arkenstone, aucune Couette de l’oubli à récupérer, aucune princesse à sauver, aucun dieu maléfique à terrasser, pas même le frère d’une Oblat à aller assassiner pendant une mission diplomatique dans le Royaume des Montagnes. La seule mission qui m’a été confiée, c’était de trouver comment régler l’ardoise que j’ai héritée dans tous ces bouges infâmes.
Modernisant ma manière de faire, j’ai utilisé le Grand Registre Sacré d’Oghma, aussi nommé Internet, afin de trouver par moi-même quelques missions. Elles se résumaient toutes à « Va parler à Messire Machin, une quête il te donneran si tu en est digne. ». Plusieurs fois, j’ai rempli mon sac avec le matériel que j’estimais nécessaire : une tente et un sac de couchage, des couverts, un briquet à amadou, une corde de dix mètres, un coutelas denté, un casque Leboheaume, une armure de cuir cloutée, des bottes de vitesse et une boîte de raviolis. Je partais alors à la recherche de Messire Truc, plein de confiance quant au travail qu’il pourrait m’offrir. Malheureusement, après avoir bravé des tempêtes invoquées par les druides de l’ombre (une bonne averse automnale – jet de sauvegarde contre les sorts, réussi de justesse), essuyé des revers terribles contre les serpents géants (raté le tram, donc le bus, donc la correspondance – jet sous sagesse à -2 pour ne pas paniquer, à l’aise), avoir occis malandrins et skavens belliqueux (repoussé les types de Greenpeace, Aides ou Handicap International et ignoré les clodos qui prétendent être pauvres alors qu’ils n’ont même pas de loyer à payer – 20 naturel, coup critique, 66 dans la table des dommages : «Vous portez un coup oblique remontant puissant, tranchant net la jambe de l’adversaire au niveau de la cuisse et s’arrêtant aux côtes. L’ennemi souffre atrocement pendant 1d4 rounds, avant de mourir en salissant impoliment le sol. Votre épée reste bloquée dans la cage thoracique et vous la brisez en tirant dessus de toute vos forces. »), je me vois privé de la quête, sous prétexte d’une situation de récompense difficile à assumer par les temps qui courent et de mon manque d’expérience : « Nous ne prenons que les héros de niveau 5 et supérieurs, je suis désolé. » (test sous persuasion, ou à défaut charisme à -4, échec critique). Je veux bien, mais je les passe comment mes niveau moi ? En mangeant des pizzas devant mon PC tout en commençant une petite campagne de Heroes of Might and Magic V fraichement téléchargé (illégalement), pour enfin avoir le plaisir de jouer de vrais héros ? Enfin, je suis quand même content, j’ai pris 8 points d’expérience en finissant la première partie d’une mini-quête (aucun trésor ramassé) en conjurant un mot de pouvoir dans Microsoft Excel… même pas de quoi augmenter ma compétence VBA (INT).

L’un de ces monstres est nantais, saurez-vous le reconnaître ? Question subsidiaire : saurez-vous nommer les autres monstres ?


Décidément, les quêtes héroïques, ce n’est plus ce que c’était. Ils me font bien rire à la télévision avec leurs jeux d’aventuriers : Koh Lanta, Fear Factor, Loft Story… Je ne suis pas vraiment de ceux qui disent que c’était mieux avant (comme le dit ma grand-mère paternelle, ceux qui disent ça ont la mémoire courte…), mais il y a quand même des valeurs qui se perdent. Aujourd’hui les « héros » doivent pour survivre vaincre le puissant ermite Bernard, qui vit à la manière de Diogène, à ceci près qu’il n’habite pas dans un tonneau, mais dans un coquille. Bernard, en tant qu’acariâtre ermite, n’aime pas la compagnie des autres et il le fait savoir en se défendant becs et griffes (il ne possède d’ailleurs ni l’un ni les autres). Malheureusement pour lui, il ne mesure que quelques centimètres, il ne peut lancer ni boules de feu, ni invoquer Crom pour passer berserk et encore moins devenir invisible et user du backstab. Mais sa vaillance est grande, et il parviendra tout de même à faire perdre quelques points de vie (1d4 -2) à celui qui le manipulera (anecdote authentique…). Nos héros doivent aussi se confronter à leurs plus grandes peurs, en plongeant la main dans la masse grouillante des asticots, ou encore tenir plusieurs semaines sans s’auto-dévorer avec une dizaine d’abrutis congénitaux, dont chaque parole entraîne un jet de sauvegarde de volonté pour ne pas être totalement désintégré.
À l’époque des Temps Anciens, les héros affrontaient des dragons sur l’île de Melniboné, périssaient sous la magie des Sorciers Serpents de Cimmérie, acceptaient les sacrifices que nécessite un combat contre la déesse Thakisis, voire se faisaient dévorer par un lapin tueur. En ces temps-là, la peur avait quelque chose de bien réelle et avoir peur du noir avait une véritable signification : drows et vampires y avaient élu domicile… La vie était certes dangereuse mais au moins, les PJ de l’époque n’avaient pas à chercher pour trouver des quêtes intéressantes et bien récompensées, et ils montaient vite en niveau. Qui se souvient encore de Conan, barbare niveau 2 ? Qui prétend avoir connu Épervier, sorcier de niveau 3 ? Qui aurait l’audace d’affirmer avoir rencontré Rincevent, magicien niveau 1 ? (Bon, ce n’est peut-être pas le meilleur exemple…). Et il y avait des vieux ! C’était pratique pour rendre mystérieux une quête.

Alors, je fais de mon mieux pour trimballer mon ossature maigrichonne, en soufflant sur les dés afin qu’ils tombent un peu plus souvent sur 6, 20 ou 66. J’en viens à me demander s’il ne faudrait pas que je claque un point de destin pour me sortir de cette situation impassique (si si, ça se dit, dans l’édition 2013 du Robert). Je vois bien que le scénario dans lequel je joue n’est pas sorti des pages de Casus Belli et de l’imagination fertile de François Froideval, Mathieu Gaborit, Fabrice Colin ou Bruno Chevalier (du beau monde quand même). Je m’estime déjà heureux, je ne traine ni Gros Bill ni boulets (vous savez : ceux qui pourrissent les scénarios à chaque fois ; c’est plus fort qu’eux) derrière moi et j’espère bien que cela va continuer ainsi. Et pour le reste… au pire j’irais vendre des navets dans les bas-quartiers d’Athkatla.

« Fais-moi un jet de sauvegarde contre les sorts mentaux pour voir si tu arrives à résister aux assauts psychiques de tes démons.
— C’est dextérité ?
— Sagesse.
— 8, foiré.
— Ils te submergent, tu lâche ton arme, incapable de leur résister plus longtemps. Tu peux tenter une action avant qu’ils n’en finissent avec toi. Que fais-tu ?
— Heu… je tente de les amadouer, de leur faire comprendre que je suis leur ami. J’ai des chamallows sur moi.
— Fais un jet de charisme à -1.
— Merde. Ça me fait un malus de -3. Je jette les dés. »

Voici, rien que pour vous, mes feuilles de personnages :


Je ne peux que vous conseiller de cliquer sur les images, voire de les enregistrer chez vous pour lire ce qui est marqué (c’est un peu petit, je l’accorde).







Je vois que tous ceux qui lisent régulièrement mon blog ne laissent pas de commentaires. En soi, ce n’est pas bien grave, mais ça serait mentir de dire que je me moque des petites remarques qui apparaissent en bas du billet. Aussi, cher lecteur assidu, voici un petit jeu : Envoie moi ta fiche de personnage te représentant (avec de l’humour dedans, comme le cadeau dans les paquets de Chocapic) et peut-être, si tu es chanceux, je la posterais dans le prochain billet (faut bien faire jouer la communauté du blog – je vous en prie, ne jetez pas ce blog dans un volcan). N’importe quelle fiche de personnage de n’importe quel jeu fera l’affaire (D&D, Vampire, Star Wars, Warhammer, GURPS etc.), arrangez le tout à votre sauce. Vous pouvez trouver quelques fiches ici : Feuilles de perso (cherchez un peu sur le site, en naviguant dans les différents jeux, vous trouverez d’autres feuilles pour d’autre jeux, comme par exemple Warhammer). Vous pouvez bien sûr inventer votre feuille. Envoyez-moi le tout , par exemple, en utilisant l’onglet “Contact” en haut.


Petite pub :
C’est bientôt Noël et vous n’avez pas encore de cadeaux ? Pas de panique ! Les marchés de Noël de la région de Rennes vont être occupées par Céline et ses mosaïques très jolies : Marchés de Noël du Lézard en Mosaïque.

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