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Ainsi s'acheva la 5 milliardième et des braguettes révolutions de la Terre

« ¿’ Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les vents. »
Alain Damasio, La Horde du Contrevent (pas d’idées de citation donc j’en ai pris une au hasard de ma bibli)


Fin décembre 2009, une année de plus s’achève ; la vingt-troisième que j’accroche à ma ceinture, pas trop loin de la main – je pourrais vouloir m’en resservir. Ça ne vous arrive jamais de souhaiter ressortir une année, comme une bouteille de vin qu’on aurait laissé vieillir, pour la déboucher avec des amis, en libérer son arôme un peu âcre, en sachant que malgré les brulures qu’elle laisse sur la langue, son nectar a forgé ce que vous êtes ?
Prenons 2003 : du peu que je m’en souvienne, c’est une année qui a été plutôt difficile à vivre pour moi, ma pire année de lycée, pour tout un tas de raisons. Aujourd’hui, je peux dire que parmi toutes les années de mon adolescence, c’est celle-ci qui a sans doute le plus contribué à me construire. Je la déboucherais un peu plus tard, dans dix ans peut-être, sans doute lorsque j’aurais besoin de me battre ; 2003 est aussi l’année de mon premier championnat de France de canne de combat (j’avais perdu mes deux assauts, moquez-vous).

Alors, 2009, quel bilan ? Quel goût aura ce cru une fois débouché dans quinze ans ?

C’est une année de changement, c’est certain, en tout cas de changement matériel. J’ai achevé mes études cette année… Si on m’avait dit il y a 10 ans qu’un jour je les terminerais, j’aurais sans doute fait : « Beuwhaa ! C’est encore trop loin pour moi ; laisse-moi jouer aux Légo » avec des variations peu harmonieuses dans l’intonation de la voix. Et pourtant, contre toute attente, ce jour est arrivé ! Le futur devrait, selon la courbe moyenne des statistiques de vie occidentales, ressembler peu ou prou à cela : boulot, femme, drôles, retraite, tombe (la suite étant sujette à diverses hypothèses : réincarnation, paradis ou enfer, nourriture pour asticots…). Donc je suis enfin sorti du long cheminement chapeauté par l’Éducation Nationale, pour me retrouver dans le (j’espère moins) long serpentement orchestré par le Chômage. Inéluctable période qui ne remplit pas le porte-monnaie (d’autant plus que selon une sagesse renno-chinoise « Le vin ne reste pas dans les bouteilles ni la monnaie dans un grand portefeuille » – il fallait absolument que j’en place une, merci Mal’) mais qui me permet de tenir ce blog-ci, de jouer à Hordes et Blood Wars et de regarder Docteur Who ; tout n’est donc pas négatif, l’un dans l’autre. Diplôme en poche (Master en Technologie de l’information et ingénierie logicielle si vous vouliez le savoir ; en tout cas je trouve que ça sonne plutôt bien), je quittai donc les bancs de la fac et la chaise de mon stage pour parcourir le vaste monde, plein de rêves et d’espoirs faits de rencontres, de sagesse et d’accomplissement de soi. (Ça va venir, je le sens.)
Comme je savais que j’allais quitter la région et que ça coïncidait avec une lassitude mêlée d’incompatibilité philosophique, je décidai également de mettre en pause mes velléités de devenir champion de France de canne en arrêtant tout simplement la compétition (et même la canne tout court en ce moment…). Assez étonnement, alors que ma décision était en fait prise depuis deux ans, c’est en 2009 que j’ai fait ma meilleure prestation en compétition : finaliste à la Coupe de France en mars dernier.

2009 est donc naturellement une année où les amis se font plus distants (au sens propre, comme figuré) ; chacun change de ville, chacun fait sa vie. (Il faut absolument qu’on organise toutes les soirées à thème qu’on s’est promis.) On perd de vue des personnes proches, certes, mais 2009 m’a  également offert quelques belles rencontres riches, je l’espère, en amitié pour l’année à venir.

Je n’oserais point finir le bilan personnel de cette année sans mentionner un changement de statut au sein de la famille (grosses bises à N) !


2009, c’est aussi malheureusement l’année de la crise économique du siècle (pour l’instant). Annoncée depuis des années, le plus gros budget jamais alloué à un tel événement sans effets spéciaux, la Crise est sortie dans nos salles obscures en fin d’année dernière pour se maintenir à l’affiche toute l’année – et ce n’est pas fini. Toute l’équipe de production et de réalisation est fière d’entuber tous les acteurs participant au projet, et les remercie de leur docilité et leur silence.
Cette année a vu des guerres continuer, des présidents élus, des injustices, des flics assassins s’en tirer sans égratignures, des politiques véreux condamnés (ah, non, ça c’est dans mes rêves), des expulsés (parce que si c’étaient des hommes, ils iraient se battre), des stars mortes et d’autres pas encore etc. Aucun changement notoire en fait ; classique dans son déroulement (« C’était une année formidable, quelques malentendus seulement, des histoires, des histoires… »).

Ce qui m’a beaucoup marqué cette année, c’est cette nonchalance avec laquelle nos hommes et femmes politiques nous enculent, avec laquelle ouvertement ils renient tous nos acquis sociaux, et pour prendre une image forte, avec laquelle ils bafouent la mémoire de tous ceux qui ont lutté, qui sont morts pour qu’on les obtiennent aujourd’hui. Cette sérénité qu’ils font preuve lorsque ils reprennent les discours – et les actes ! d’un  Laval et d’un Pétain. Les pétinistes Xavier Bertrand, Éric Besson, Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre et bien d’autres renvoient des afghans dans un pays en guerre en parlant de courage et d’honneur, quand eux n’ont jamais posé le pied sur un sol en guerre – surtout le leur (Allez-y, chantez Vian mes amis, et nous irons cracher sur leurs tombes). Chirac et Sarkozy se rendent solennellement aux obsèques de Bongo, symbole s’il en était de la Françafrique, du pillage colonialiste d’un continent entier par une petite nation arrogante. Aujourd’hui, plus personne ne se cache, tous affichent leur racisme sans honte. Et les gens ne disent rien ; ou plutôt si, ils se sentent comme légitimés dans leurs propres xénophobie, leur propre inculture. Le débat de l’identité nationale passionne les foules, paraît-il, il fait des émules dans d’autres pays d’Europe ; les gens s’estiment eux-même racistes, sans que cela ne les choque.
Nous vivons dans un pays – ou devrais-je dire dans un monde occidental – qui ouvertement, sans problème de conscience, méprise totalement le reste de l’univers, même quand celui-ci toque à sa porte. L’asile politique n’existe plus, les Droits de l’Homme sont piétinés, la surveillance du peuple est devenu le nouveau leitmotiv de notre politique, et on nous fait croire qu’un sommet mondial sur l’écologie va changer les choses (j’ai écrit ceci avant de lire le compte-rendu dudit sommet ; je ne me suis pas trompé).


En somme, le bilan de l’année 2009 est très mitigé… La situation mondiale va de mal en pis, mais pouvait-il en être autrement ? Quant à ma situation personnelle, qui m’intéresse finalement (et vous aussi) bien plus que tout le reste, attendons d’abord de voir ce que l’année 2010, puis 2011, 2012… va m’apporter avant d’ouvrir la bouteille. « Qu’importe le flacon, pourvu que je devienne riche et adulé sous peu ! » comme disait le célèbre écrivain.

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous, chers lecteurs peu nombreux, de très bonnes fêtes de fin d’année, et à ceux que je ne verrais pas avant, une très bonne année 2010 !

Garbage Collector vous souhaite de bonnes fêtes. Même à vous, scolopendre autodidacte.


PS : Je tiens à rappeler que certains m’ont promis de m’envoyer leur fiche de perso… :)

Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

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