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Le Trouvère, par Yann

« … viter l’infection :
1. Ne pas approcher une personne infectée.
2. Prévenez le centre de santé le plus proche immédiatement en cas de contact avec une personne infectée.
3. Portez les masques de protection conseillés par le Ministère de la Santé.
4. Ne tardez pas à vous faire vacciner !
5. Éviter tout con… »
Extrait des recommandations du Ministère de la Santé datant du début de l’infection.


Le texte qui est publié ici a été écrit par Yann, merci et longue vie à lui et à sa descendance sur 16 générations !


Lui, c’était un troubadour, un trouvère…

Il se donnait le nom qui lui chantait à son passage dans chaque communauté. C’était beaucoup plus classe que « messager », ou « journaliste », des noms qu’il n’aimait pas, plus modernes, et pas tout à fait justes non plus.

On ne sait pas ce qu’il faisait du temps où la société humaine vivait encore et, franchement, vu le cadavre pourrissant qu’elle était devenue, on s’en foutait.
Quand tout avait commencé à virer en eau de boudin, il avait rassemblé de quoi y survivre seul dans le Wild – comme aurait dit London – et, avec l’aide de son chien, il y avait survécu. Un chien, c’est une sacrée aide à la survie dans un monde où chaque coin d’ombre peut cacher la mort, mais où ceux qui la portent sont généralement lents. Les perceptions supérieures du chien permettent généralement d’éviter le plus gros du danger… Avec un chien à ses côtés, finalement, ceux qui sont le plus à craindre sont les vivants. Les pillards s’activent en toute impunité, et un chien est en soi de quoi aviver leur convoitise.

Quand il eut survécu quelques semaines, et qu’il eut vu de plus en plus rarement d’humain vivant, il se rendit compte de quelque chose qu’il ne soupçonnait pas jusqu’ici : ils ne lui manquaient que sporadiquement. Alors qu’ils se regroupaient systématiquement en communautés, il se dit qu’il pouvait servir d’électron libre entre quelques-unes d’entre elles, en lesquelles il avait confiance.

Il avait donc récupéré une carte de la région au cours d’un de ses ravitaillements, et avait noté l’emplacement des communautés qu’il connaissait. Il marcha ainsi pendant plusieurs mois, s’arrêtant toujours plus ou moins dans les mêmes camps. D’abord méfiants, les gens étaient venus à apprécier de le voir arriver, contents qu’il leur montre qu’on pouvait défier ce danger, et qu’il leur apprenne que d’autres communautés survivaient.

Des liens se créèrent, et il fit des émules. Des personnes l’accompagnèrent, et il leur apprit ce qu’il savait. Et puis ceux-là partirent seuls étendre leur réseau à d’autres camps. Lui finit par disparaître. Mais les récits qu’il colportait demeurent et ceux qui l’ont suivi poursuivent son travail.
Et c’est pour ne pas l’oublier que nous commençons nos veillées par son histoire.

Mathilda, messagère libre.

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