GarbageCollector

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Activité normale : Ce billet ne vous fera pas aussi peur que l'Exorciste

« Pazuzu, tu sais, depuis que t’as quitté le milieu, je m’ennuie un peu au cinéma.
– Ta mère suce des bites en Enfer.
– La tienne avant la mienne. »
Conversation avec un démon psychanalyste.

J’avais aujourd’hui, comme hier, comme depuis une semaine, besoin d’écrire, raconter des choses, n’importe quoi, des trucs idiots, certains intelligents ou qui se voulaient intelligents mais qui se sont révélés idiots, etc. Je me suis heurté à plusieurs écueils :
- Je ne savais pas quoi écrire. De la fiction ? Je n’ai eu malheureusement aucune inspiration ; aucun coup de massue mystique sur mon crâne révélant le secret de l’univers que j’aurais pu coucher sur papier (ou déposer verticalement sur mon moniteur CRT 17 pouces Philips). En ce moment, j’avoue, j’ai un peu de mal à trouver des idées originales, de construire des situations nouvelles, des personnages truculents (j’ignorais jusqu’alors le sens premier de ce mot, merci le dictionnaire) et de les emmener là où je le souhaite vraiment. D’aucuns diront que ça a toujours été le cas, chhhhhhht, pas si fort…
- En dehors de la fiction, j’avais des choses à dire, des choses qui ne demandaient qu’à couler de ma plume hémophile, égratignée je ne sais comment par les turpitudes de la vie (la phrase à deux balles… j’adore ; continuons dans la même veine). J’étais même prêt à les rédiger, à laisser faire, à laisser les embruns de mon âme se fracasser contre les touches de mon clavier ; périphérique PS2 bravant les tempêtes de doute et de certitudes, cet ouragan d’amertume qui trouve sa source dans le plus profond des maelströms de dégoût. Bref, trêve de joue de lotte crépusculaire, je me suis dis que ce blog n’était ni le lieu, ni même l’endroit pour me laisser aller en vaines descriptions intimes de mes élucubrations émotionnelles. Je n’écris pas un journal intime (déjà, il y a plus intime que le net…) et puis comment dire, parler de moi, c’est juste… chiant. J’aurais pu écrire pour moi, bien sûr, un texte à garder dans un coin poussiéreux de mon disque dur Maxtor 80Go, mais je n’en vois pas l’utilité : j’écris pour être lu, avant tout. Et puis, ça fait misérabiliste, et je ne mange pas de ce pain-là (et pourtant, Dieu me tripote ! il sait que j’aime mon nombril).
- Il fait froid et j’ai froid (Renaud inside). Et de manière insolite et absurde : je déteste les après-midis. J’aime le matin, et j’adore le soir et la nuit. Mais je déteste ce qu’il y a entre les deux. Je trouve ça long, et chiant, en plus ça caille, ça commence par une activité qui me répugne : faire à manger (du coup, j’évite). Le problème, c’est que ces temps-ci, les matins, je ne les vois pas beaucoup… Il ne me reste donc qu’à attendre 19h-20h pour pouvoir enfin faire quelque chose. Et c’est souvent l’heure de regarder un film.

Bref, quitte à écrire sans idées, autant faire une note de blog inutile comme la nouvelle trilogie de Star Wars. Ou comme Paranormal Activity.


J’ai donc vu ce film d’horreur qui avait crée un buzz avant sa sortie en promettant de réveiller l’insomniaque qui dormait en nous  : « On a rarement eu aussi peur au cinéma ».
Bon, je ne vous le cache pas, je n’ai pas eu peur. Bien sûr, j’ai sursauté par moments, comme lorsque un petit plaisantin me crie « Bouh ! » en surgissant inopinément derrière moi, mais de grands frissons, nenni. Il faut dire que tout faire pour éviter de créer une ambiance, ça n’aide pas à se sentir effrayé… Le film ne joue que sur les apparitions invisibles du démon, lorsque la caméra tourne toute la nuit dans la chambre du couple (la seule bonne idée du film). Pour le reste, rien à dire, rien à en tirer. Ah si ! mention spéciale à la vidéo de l’ancienne victime du démon trouvée sur le net. La prochaine fois, ne prenez pas la peine de retourner une scène d’un autre film, piquez-la directement de l’Exorciste. On aurait l’un des films suédés de Mos Def et Jack Black dans le film de Gondry. Il y a une table de Ouija particulièrement moche dans ce film.

« Te fatigue pas chéri, les spectateurs se sont endormis. »


Ah, je viens de voir également le film Esther, dans lequel une orpheline cause de légers tracas à sa famille d’adoption. Bon, malgré le talent de la petite Esther, le film est chiant. Et non, je n’argumente pas, vous n’avez qu’à faire comme moi, payer 9€ et aller le voir en salle. (Comment ça, je l’ai téléchargé illégalement ? Ce qui disent ça sont des perfides.)

Pour en revenir à P.A., ce que j’ai trouvé le plus gros, c’est le plagiat monstrueux qu’ils ont osé faire sans que quiconque ne s’offusque. Je veux dire, moi aussi j’ai vu Enquête à la Fantômière (ou titre approchant, peu importe) ! Déjà à l’époque, Blair Witch avait quasiment pompé le concept, et voilà-t-y pas qu’ils remettent le couvert !
Rappelez-vous, dans ce film indépendant, un enquêteur aux cheveux longs suivi par un caméraman intrépide tente de percer le mystère de cette antique ferme dans laquelle des évènements paranormaux se déroulent. Il y a un chat qui fait peur, le bruit dans le garage qui fait « Pong » lorsqu’on ne s’y attend pas et surtout, à la fin, nos deux lascars meurent dans le grenier.


Certains d’entre vous le savent : je suis particulièrement friand de cinéma d’épouvante (et de chocolat). J’aime avoir peur, ne plus pouvoir fermer l’œil de la nuit, faire des cauchemars avec des fantômes et des zombies, ce genre de chose. Malheureusement, cela fait un certain nombre d’années que je n’ai plus eu une vraie frousse en regardant un film. Pour tout vous dire, je ne me souviens pas du dernier film qui m’ait flanqué une bonne terreur. Peut-être Ring (la première fois ; la seconde, je l’ai trouvé assez mal fait, mal joué et pas effrayant pour un sou). Malgré tout, certaines production, sans pour autant me foutre la pétoche, parviennent à instaurer une ambiance pleine de tension et de suspense et sont donc dignes d’intérêt. Je pense notamment aux films espagnols, particulièrement ceux de Balaguerò : La Secte sans Nom et Darkness (Rec, quant à lui, m’a ennuyé) ou à L’Orphelinat de Bayonna.
Il y a deux grands aspects que je reproche à la majorité des films d’horreur qui sortent aujourd’hui :
1. Ils privilégient bien trop souvent le gore à la recherche de l’épouvante, jouant comme la Kro davantage sur des réactions d’entrailles vomies plutôt que sur des réactions d’entrailles nouées. C’est à nouveau la grande mode des slashers, ou des méchants poursuivent des gentils avec des tronçonneuses ou des pics à glace ou toute autre arme provoquant des dégâts sanglants. Bon, j’admets, j’aime bien aussi ces films-là, tant qu’ils ne surenchérissent pas inutilement dans le gore. La preuve, j’ai bien aimé Saw (le premier, les autres je ne les ai pas vu), j’ai détesté Hostel.
2. Ils essaient bien trop souvent de monter leur ambiance de manière bien trop artificielle. Par exemple, en jouant à outrance sur la musique (mention spéciale à Esther) pour nous aider à savoir quand avoir peur (vous savez, ces quelques notes assourdissantes accélérées lorsque le méchant apparaît brusquement). Du coup, avec moi, ça ne fonctionne pas du tout. L’esthétique également est très important dans un film d’épouvante, il définit à lui seul la moitié de l’atmosphère du film. Dans Midnight Meat Train, tout le film est gâché par l’usage inopportun autant qu’abusé d’effets numériques totalement inutiles et injustifiés (et j’insiste bien !). Dans P.A., c’est le maquillage qui pose problème (pour cet aspect là) : on ne croit pas du tout à la peur de la nana, parce qu’elle est toujours très bien maquillée (même au lever…).

Bref, si vous connaissez de vrais films qui font peur, n’hésitez pas à m’en conseiller !

Au-delà du cinéma, je me rends compte (bon, c’est pas nouveau, je le sais depuis longtemps) que ce qui m’angoisse, ce sont les fantômes et les maisons hantés. Des peurs bien classiques, donc. Mais puisque j’aime bien avoir peur, j’ai donc naturellement une attirance vers tout ce qui est apparitions, télés qui s’allument, portes qui se ferment, etc. Le fait de connaître une maison réellement hantée, ça aide à apprécier ce genre d’histoires (et à en avoir peur !). Évidemment, toutes les histoires qui s’y sont déroulées concernent des enfants, ce qui devrait amener une extrême vigilance sur leur véracité une fois ceux-ci devenus adultes. N’empêche ! j’aurais encore quelques sueurs froides à me promener dans certaines pièces de nuit et en étant seul… Bien sûr, le simple fait de ne pas y penser empêche les évènements de se produire ; c’est le côté adulte qui oublie ses peurs enfantines et qui est blasé de tout ça qui ressort. Je ne suis même pas capable de définir ce qu’il y a de vraiment effrayant dans le fait de voir apparaître pendant une demi-seconde un être qui ne devrait pas se trouver là. Après tout, il ne s’agit que d’apparitions immatérielles, sorte de souvenir holographique d’un passé mort et enterré. Les esprits frappeurs et autres poltergeist, ça n’existe qu’au cinéma (et aux États-Unis aussi, mais c’est de leur faute, ils n’ont pas qu’à construire sur d’anciens cimetières indiens). Je me suis pas mal wikipédié (nouveau verbe ! Entre se renseigner et avoir la flemme de creuser le sujet) et j’ai également vu de nombreuses photos ou vidéos sur lesquels, parait-il, ont été capturées des apparitions. Certains trucages sont bien faits. La prochaine fois que je vais à la ferme, il faudrait que je laisse tourner un magnétophone pour voir, on aura peut-être des surprises.
Mais que pousse les maisons à se faire hanter de la sorte ?
Les murs des anciennes demeures gardent en mémoire tous ceux qui ont vécu à leur ombre, les enfants qui jouaient, les joies, les tristesses, les vieillards qui y ont terminé leur vie. Au fil des générations, surtout lorsqu’il s’agit d’une maison familiale, certains éléments passés et présents se confondent, se mêlent, comme si les parois recrachaient le trop plein de souvenirs. Des images oubliées, des paroles retenues s’échappent alors des lézardes pour s’engouffrer dans l’imaginaire enfantin ou dans les rêves des adultes. Cette sorte de mémoire collective est nourrie par notre besoin de raconter notre expérience ; nous alimentons ainsi l’inconscient familial, bâtissant un foyer vivant au sein même de la maison inerte. Si cette entité invisible ne meurt pas, qui sait si dans 80 piges, des enfants ne m’entendront pas rire dans l’une des chambres à l’étage ?

The Brown Lady, photo de fantôme apparemment la plus célèbre et la plus fiable. Mmh. Doit-on appeler Bill Murray pour si peu ?


Il y a une autre chose qui me fascine, et qui dans les films fonctionne très bien sur moi, (ne riez pas, je vous en prie), c’est les portes. Bon, tout le monde connait le truc du monstre caché dans le placard, mais ce n’est pas vraiment ça qui m’effraie, moi. C’est juste qu’une porte est incontrôlable, surtout lorsqu’elle est ouverte. Impossible de savoir ce qui va la franchir, à moins de rester toujours les yeux rivés dessus. Donc, je ferme toujours la porte, surtout si je lui tourne le dos. Je ne dors jamais la porte ouverte, et j’évite de franchir en aveugle les portes spatio-temporelles. D’ailleurs, je me souviens que dans mes pires cauchemars enfantins, il y avait une porte : soit elle était ouverte et un étrange personnage se tenait sur son seuil, soit elle me bloquait la sortie, parce que des frères un peu plaisantins la maintenaient close. En règle général, j’aime bien que les espaces clos le restent (déjà, je n’aime pas les courants d’air, surtout en hiver). Donc, si vous me voyez fermer des portes, ne vous étonnez pas.

À part ça, les canards qui me regardent ne m’effraient pas du tout.

Et vous, chers Collecteurs, quelles sont vos peurs irrationnelles ?
Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

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