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Le chasseur, par Yann

« Nos planches en chêne massif maintenus par des rivets d’acier empêcheront au défunt de sortir de sa tombe. Vous n’aurez plus peur de venir au cimetière vous recueillir. »
Funérailles L’Hambomé, la référence sécurité mortuaire.

Deuxième texte écrit par Yann.


L’trouvère, jn’l’ai vu qu’un soir…J’m’étais installé depuis peu d’temps dans le coin, vu qu’on m’a accepté ici, j’suis resté et quequ’semaines après, le v’là qu’arrive, un gars qu’on aurait dit sorti d’null’part. Les gens d’ici l’ont accueilli comme un gars d’la famille, et j’ai vite compris pourquoi : çui-là racontait les histoires de ceux qui vivaient un peu plus loin, et ça réchauffait l’cœur de voir qu’y en avait d’autres qui survivaient un peu plus loin. Et puis le soir, comme j’étais pas d’garde, j’me suis mis avec les autres autour du feu de camp, et il a raconté son histoire.

Lui, c’était le chasseur.

Il marchait accompagné de ses trois chiens, bonhomme crasseux dont on ne saurait dire la couleur du cheveu ou du poil, puant la sueur, le sang et le métal, mais qui s’en soucie de nos jours ? Personne ne savait d’où il venait, ni même son nom. Et ils sont peu nombreux ceux qui peuvent prétendre l’avoir entendu parler. Mais ce qui est certain, c’est que son seul but semble de détruire autant de zombies que possible, toute sa vie durant.

Personne ne sait ce par quoi il est passé pour en arriver à ce point d’obsession. On le voyait rarement, et uniquement lorsque la discrétion ne lui servait plus à rien, quand il devenait une machine de destruction.

Une fois, une seule, il s’est allié à d’autres. Ceux-là, on sait ce qui leur était arrivé avant de le rejoindre.
Ils venaient tous de la même petite ville. Lorsque les zombies sont apparus, propageant leur engeance à vitesse grand v, leur maire décida de sauver ceux qui pouvaient encore l’être, et il commit l’erreur tactique de regrouper tous les gens sains dans un même endroit clos, la salle des fêtes, avec seulement deux sorties. Même là, ils auraient pu s’en sortir, s’organiser, et survivre. Mais c’était sans compter avec le boucher du coin.
Il avait voulu protéger la fuite de sa famille, et s’était armé de tout son courage, de son grand couteau dans une main et de sa feuille dans l’autre, avec les gants de maille qu’il mettait parfois. Il devait rejoindre tout le monde à la salle des fêtes, en voiture, un peu plus tard. Il s’était fait mordre en montant dans sa vieille caisse. Il avait eu le temps de démarrer, mais le temps d’arriver à côté de la mairie, il était devenu fou. Il avait défoncé la grande porte vitrée de la salle puis, continuant sa trajectoire, il avait écrasé ou projeté des dizaines de gens avant de s’encastrer dans le mur d’en face. Le temps que les gens se remettent du choc, les zombies étaient déjà à l’intérieur, et faisaient un massacre. Cinq personnes avaient survécu, qui avaient vu leurs proches se faire tuer, ou qui avaient dû les tuer de leurs propres mains pour survivre.
Ces cinq-là, dont la vengeance était devenu le seul but, avaient accompagné un temps le chasseur.

Ils avaient survécu quelques semaines ensemble. Méthodiques, ils choisissaient un groupe comme cible, et fauchaient dans les rangs des morts vivants - à l’arme blanche pour éviter d’en attirer qu’ils n’avaient pas prévu de détruire ce jour-là.
Un jour, alors qu’ils finissaient d’éradiquer un groupe d’une vingtaine de monstres dans un bois (les zombies ne se débrouillent pas très bien en terrain difficile), deux bonshommes exténués par deux semaines d’errance et de terreur leur tirèrent dessus avant de se rendre compte de leur erreur. La chasseuse qui avait été touchée fut tuée sur le coup. Les tireurs moururent quelques minutes plus tard : en tirant, ils avaient attiré tous les zombies du bois et, bien pire, ceux des parcelles dégagées alentours vinrent se masser à la lisière. Les chasseurs survivants tentèrent de fuir en perçant les rangs des zombies, une tentative désespérée. Seul le chasseur survécut.

Ensuite, il chassa seul, avec ses trois chiens. Comment il survivait, je n’en sais rien. J’imagine qu’il s’était habitué à dormir dehors, sans tente, ni rien. Et qu’il chassait ce qu’il mangeait.

Il était impitoyable, méthodique, une vraie machine. Ses chiens repéraient les zombies, et il les évitait ou les détruisait. Il avait développé tout un tas de techniques d’embuscade, mettant à profit ses deux principaux atouts : l’intelligence et le mouvement. Quand il dormait, il plaçait des avertisseurs faits de ficelle et de boîtes de conserve – basique, mais comme les zombies n’étaient pas capables de réfléchir ou de retenir des choses, ça marchait bien.
On n’a plus entendu parler de lui pendant longtemps.

Et puis, un jour, est arrivée une bande de maraudeurs qui nous a contés une bien étrange histoire. Ils avaient croisé un soir une créature sauvage, pas un zombie – bien trop rapide, bien trop malin, qu’ils avaient renoncé assez rapidement à attraper. Ils avaient entendu durant toute la nuit des bruits autour de leur campement, mais aucune de leurs sentinelles n’a jamais vu l’ombre d’un monstre cette nuit-là. Des froissements, des grognements dans les fourrés, des chocs sourds. Et au matin, une bonne douzaine de zombies gisaient à terre autour de l’endroit où ils avaient dormi.

Pensez-vous qu’il hante, silencieux, les bois de la région, menant sa meute en chasse des monstres qui nous cernent ?

Sam, ancien routier.

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Auteur: Garbage Collector

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