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Ne regardez pas de films d'épouvante, vous pourriez avoir peur.

« La vraie peur, c’est quelque chose comme une réminiscence des terreurs fantastiques d’autrefois. »
Guy de Maupassant, La Peur

Ouais, mais faut pas déconner. Je veux dire, on peut sursauter devant un film. On peut se cacher sous sa couette si vraiment on a confiance dans la protection qu’elle nous apporte face aux images qui se meuvent dans la télévision. On peut même porter un crucifix par excès de prudence en regardant La Malédiction ou L’Exorciste, voire éviter de regarder des cassettes vidéos enregistrées par crainte des nanas qui s’invitent dans le salon. (De toute manière, à l’heure du div-x, il y a moins de risques… Niquée Sadako !)  Bref, quand le film est bien fait, des émotions sont censées vous parvenir sous forme de frissons incontrôlables, sueurs froides coulant lentement le long de votre colonne vertébrale, extrapolations sensorielles vous faisant croire qu’une portière claqué, le reflet des phares d’une voiture ou un courant d’air sont en réalité, les pas, les mouvements et la respiration d’une grand-mère décédée plusieurs années auparavant à l’endroit même où vous vous trouvez. Tout ça, nous en avons déjà parlé ici.

Bon, par contre, des crises de panique, de tétanie, catalepsie, ça ne vous est jamais arrivé. Pour employer une expression quelque peu grossière et imagée, vous avez un minimum de couilles et d’ovaires pour garder un tantinet votre contrôle, face à ce qui finalement n’est que le mélange de trucages, de jeu d’acteurs et d’une équipe technique qui se retrouve plaqué contre un écran blanc ou lumineux, selon que vous soyez au cinéma ou chez vous. (D’aucuns affirmeront avoir un écran blanc chez eux ; ceux-là, je leur dit merde ! Quant à ceux qui amènent leur télévision au Gaumont du coin, je n’en parle même pas passé ce point : .)

Figurez-vous qu’en Italie, il semblerait que les jeunes soient un brin trop émotifs. C’est en tout cas ce que relate le site du Monde, que je vais citer ci-après, pour vous éviter de visiter un site qui n’en vaut pas trop la peine. De plus, d’ici quelques semaines, cet article ne sera plus lisible.

Voilà ce que dit en substance l’article :

Le film d’horreur Paranormal activity, qui vient de sortir dans les salles de cinéma italiennes, a déjà provoqué des dizaines d’accès de panique, essentiellement chez de jeunes spectateurs, déclenchant une polémique sur l’absence d’interdiction du film aux mineurs.

Soit. Certains, en France, aux USA, ailleurs, ont eu peur en regardant ce film. Bien que je les regarde d’un œil condescendant en secouant discrètement la tête, je respecte ce choix-là. Personnellement, je n’ai pas eu peur, je crois vous l’avoir déjà dit. Pour autant, des crises de panique ‽ (Réhabilitons le point exclarrogatif.) Je vous laisse apprécier la suite :

Le 118, le numéro italien de police-secours, a enregistré des dizaines d’appels, comme par exemple à Naples, où, selon un employé du 118, “plusieurs cas d’accès de panique qui ont duré plus d’une demi-heure se sont produits samedi soir”. “Le cas le plus grave concerne une jeune fille de 14 ans qui a été transportée à l’hôpital en état de catalepsie”, a-t-il précisé. “Les mineurs qui ont ces derniers jours subi des désagréments liés à la vision du film, comme des accès de panique, des tremblements, des vomissements, des états de choc […] pourraient engager des actions [pour obtenir] des dommages-intérêts auprès des tribunaux”, a indiqué le président de Codacons, Carlo Rienzi.

Là, je dis comme les jeunes, LOL. (Quand je dis LOL en majuscule, c’est pour exprimer un rire moqueur, voire un brin sardonique, avec le doigt pointé en direction de l’objet de mon amusement ; j’espère que vous l’avez bien saisi.) J’adore surtout le fait qu’ils puissent ensuite aller porter plainte. Ils ont eu ce qu’ils voulaient, et en plus, ils pourront en retirer de l’argent ! C’est le bon plan ça. Quand je regarde un film d’épouvante, j’attends d’avoir peur ; pourrais-je aussi aller porter plainte parce que j’ai trop ri en regardant une comédie, au point de m’en arracher les côtes ? Les amateurs de films porno auront-ils la possibilité de réclamer des dommages et intérêts en cas de malaise lié à une trop forte stimulation des zones érogènes pendant la projection ?

Essayons cette méthode dans un autre contexte :

« Monsieur ! C’est intolérable ! Le plat que vous m’avez donné est bien trop copieux, je débute une indigestion. De plus, ce Pauillac d’excellente qualité m’a quelque peu enivré. Je dois pourtant prendre la voiture en rentrant ! C’est inadmissible d’être aussi bien servi ! Nous nous retrouverons au tribunal ! »

Fin de l’exemple.

N’empêche, cette histoire de malaise en masse pour un film qui n’en vaut vraiment pas la peine, ça me rends perplexe. Il y a-t-il eu des cas semblables ailleurs ? Ce n’est pas un peu exagéré quand même ? Si ces jeunes gens ont flippé devant Paranormal activity, qu’est-ce que ça va être quand ils regarderont L’Exorciste ? (Pour moi, le film le plus effrayant qu’il m’ait été donné de voir. Enfin, il ne m’en vient pas d’autre actuellement.) Ce qui m’étonne le plus, c’est que c’est sans doute les mêmes qui se gavent des images supers violentes de Saw ou de Hostel, mais que là, bah rien. C’est quoi cette génération de gens bizarres ?

Sur cette interrogation philosophique, se termine ce billet inutile, qui m’a juste permis de me moquer ouvertement de quelques individus faibles dans leurs tripes et leurs bourses.

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Auteur: Garbage Collector

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