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Les mots des huîtres

« Moi je suis dans le doute, l’air vacillant et fébrile
Dans un monde où ça fait stupide voire débile
Dire “ je ne sais pas ” c’est être banni voire l’exil
et trop réfléchir, c’est donner l’air qu’on s’défile »
Rocé, Des questions à vos réponses

J’ai le sens de communication proche de celle d’une huître. Et encore, il sans doute plus facile de tirer les perles du nez d’un mollusque bivalve que des confessions de mon auguste tarin. Je parle assez peu, et quand je le fais, je suis le plus souvent à côté de la plaque, ce qui a pour fâcheuse conséquence de me placer à côté de mes pompes et me donner une humeur funèbre, cherchant un trou profond et une dalle solide sous laquelle me cacher.
Le poids que porte chaque mot est important, il faut pouvoir l’assumer, éviter le lumbago lexical. À parler trop vite, à fuir un plus juste vocabulaire, on en arrive à ne plus coller les bonnes phrases à nos émotions, nos idées. Et durant un instant relativement court, nos propres paroles nous induisent en erreur, nous font mentir à notre insu, ou détourne la vérité avec tellement d’emphase que nous nous perdons nous-même. (Notez que j’utilise « nous » pour dire « je », mais comme je pense que tout ceci nous concerne tous, la première personne du pluriel est assez bienvenue. Sans compter que c’est aussi une manière de prendre du recul.)
Tout ça pour dire que quand j’ouvre ma gueule (que j’ai grande, suffisamment (pourquoi je me trompe à chaque fois sur l’orthographe de ce mot ?) pour faire trembler tout l’immeuble lorsque je gronde, que j’éructe, ou que je me brosse les quenottes. Et vous ignorez (ou pas) tout ce qu’elle peut avaler. (S.A. ! <—- private joke, désolé)) pour parler un peu sérieusement (vous suivez toujours, avec toutes ces parenthèses inutiles ? On dirait du Lisp) de ce que je ressens ou de ce que j’ai en tête, je me gaufre toujours lamentablement. Et ça m’énerve. Même si les gens en face n’ont rien remarqué, le fait de me rendre compte que mes mots sont allés plus vite que ma pensée m’agace prodigieusement et me met particulièrement mal à l’aise – au point de me hanter pendant plusieurs semaines. (Et je ne plaisante pas, même pour des broutilles…)
Ce n’est pas un problème purement oral, cela m’arrive très souvent par écrit (mail, messagerie instantanée). De toute manière, je devrais toujours, après l’avoir écrit, remettre au lendemain l’envoi d’un mail, ou d’un message sur un forum. C’est comme toujours tourner sept fois ses axones autour des synapses avant de penser. (J’avais écrit une autre image au début, mais elle était, je l’avoue, un peu vulgaire, et bien qu’elle m’ait fait rire, je me suis auto-censuré, piteusement.)

Pourquoi je vous raconte tout cela ?
Simplement parce que je ne souhaite pas que vous vous fassiez une fausse idée de ce que je suis. Je n’aime pas l’idée que je puisse montrer ce que je ne suis pas réellement. Ça me perturbe, je vous assure, j’ai trop souvent l’impression de présenter aux gens quelqu’un d’autre, qui me ressemblerait physiquement, qui aurait mes goûts et qui aurait à peu près mes sentiments, mes idées, ma manière d’être, mais pas entièrement. Alors que ce n’est déjà pas facile de se présenter lorsqu’on n’est pas tout à fait certain de qui on est vraiment… C’est pour ça que je n’aime pas mentir, même à des gens que je ne croise qu’une fois ; que, hors cadre ludique, je ne supporte pas jouer un rôle pour obtenir ce que je souhaite.

Pourquoi je vous raconte tout cela, maintenant ?
Heu… tout simplement parce que j’avais ça en tête, pas de raisons précises. Quelques conversations orales ou écrites passées me reviennent inlassablement depuis quelques semaines, dans lesquelles, clairement, je n’ai pas dit ce que j’aurais du dire. Et ça me tracasse, allez savoir pourquoi.
Bon, je sais que j’en fais un peu trop, il n’y a rien de dramatique, et d’ailleurs vous ne vous êtes rendu compte de rien, j’en suis sûr. Mais j’avoue que ça m’empêche parfois de dormir. Même si la conversation n’a rien d’exceptionnel, avoir dit sel au lieu de sucre, je tourne et retourne ça dans mon crâne en me disant : « Oh mon dieu (OUI ?), il va croire que…, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire, le sucre c’est mieux que le sel, bla bla bla intérieur. »
Je crois que je me fais une idée fausse, ou un brin exagérée, de l’idée que les gens se font de moi à partir d’un ou deux détails.… non ?

Sinon, aujourd’hui il fait beau, et j’ai eu le grand plaisir de constater que la douceur annonciatrice d’un changement de saison était de retour ce midi.
Il y a bien autre chose dont j’aimerais vous parler, mais ça n’a aucun rapport avec ce billet-ci, alors ça attendra un jour ou deux ; et ça sera plus léger.
Dernière chose triste me concernant : pas de Bazhataeg pour moi cette année. Les dates ne concordent pas avec mon emploi du temps, je suis tout blougkjfjqkfh. Malgré tout, je serais dans le Finistère ce jour-là, j’irais sans doute faire coucou de ma main droite.

Je vous laisse avec un petit jeu mignon comme tout, facile comme tout, qui ne devrait pas vous prendre plus de 10 minutes de votre précieux temps.
Today I die

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Auteur: Garbage Collector

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