GarbageCollector

Le blog qui lutte contre les fuites de mémoire.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Trois fois rien

« La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population.  »
Pierre Bourdieu, Sur la Télévision


Ce billet ne parle de rien.

Mardi, j’ai échappé trois fois aux contrôleurs de la SEMITAN. Je ne les vois jamais dans le tram, et en un an, je n’avais jamais été contrôlé. En trois heures, je les ai rencontré quatre fois, je suis descendu du tram trois fois. À ma dernière montée dans le véhicule, j’ai pris soin d’acheter des billets, agacé de descendre tous les deux arrêts pour attendre le tram suivant. Bien m’en a pris, ils sont montés un peu plus loin, et j’ai pu leur montrer mon ticket dûment oblitéré.

En Amérique centrale comme à Los Angeles, les gangs s’affrontent à mort, et la mara 18 compte ses enterrements. Ils sont bien implantés, de l’Amérique du Sud aux États-Unis, et bien sûr, dans les pays d’Amérique Centrale. Il y a de l’amour, et des filles-mères ; une fête d’anniversaire, l’un des jeunes sera tué peu après. Bang ! Bang ! Rocca rappe en espagnol. Les tatoués ne vivent que pour le gang, ils meurent jeunes. À l’enterrement, gloire au mara 18 ; comme une prière, une chanson aux disparus du gang ; comme un signe de croix, le hand-sign du clan. Christian Poveda est assassiné en septembre 2009, quatre balles dans la tête. Il venait de passer 19 mois au sein de la mara 18 près de San Salvador afin de réaliser son premier long métrage documentaire, La Vida Loca.

Je perds tout, en ce moment. Il n’y a pas si longtemps, je faisais tellement attention à mes affaires que je laissais jamais rien traîner. Et je me félicitais de toujours retrouver mes affaires dans mon merdier familier. À Brest, j’ai perdu plusieurs fois bonnets, écharpes et gants. J’ai failli égarer mon lecteur mp3, ainsi que mes clés d’appartement (plus gênant). Mon sac à dos dans le train une fois ; les cheminots ont fait revenir le train du dépôt exprès pour moi. J’étais plutôt heureux, mais je me suis senti con.
Aujourd’hui (‘fin, hier, puisqu’on est déjà aujourd’hui), impossible de retrouver mon diplôme de licence. Je me souviens de l’avoir récupéré à la scolarité de l’UBO, donc il doit être quelque part. Sans doute à Concarneau d’ailleurs… Mais où ? Le problème, c’est que j’en ai besoin… Impossible également de retrouver les trois photos d’identité qui me restait. Je les ai faites la semaine dernière, en ai utilisée une, il devrait en toute logique m’en rester trois. J’ai retourné l’appartement pour les retrouver. Qu’en ai-je fait ? Abusé.
Chose amusante : j’ai retrouvé dans un sac plastique, un t-shirt. Nul doute qu’il se trouvait dedans depuis mon emménagement en juin. Et sa disparition ne m’a jamais inquiété.

Il s’agit du 42e billet de ce blog. J’aurais donc du vous parler un peu plus du secret de l’univers, mais les choses en ont décidé autrement. Car les choses décident, il est inutile de nier le contraire. Par exemple, la télévision, qui est une chose, décide pour vous. D’ailleurs, comme Pensées Profondes, elle donne des réponses à des questions mal formulées. Comme dit Rocé, « Vous avez des réponses, moi j’ai des questions pour elles. »

France 2 nous a proposé une application de l’expérience de Milgram modifiée pour la télévision. Le réalisateur et les scientifiques souhaitaient démontrer que la télévision était devenue une autorité importante dans nos vies. Je voulais vous en parler, mais Rue89 l’a déjà fait. Mais comme j’aime bien jouer à ouvrir des portes ouvertes, je vais quand même évoquer ce documentaire.
Je vous invite à prendre connaissance de ce qu’est Le Jeu de la Mort en lisant dans l’ordre ces deux articles :
http://www.rue89.com/tele89/2010/03/16/la-tele-rend-elle-sadique-lemission-zone-extreme-controversee-143110
http://www.rue89.com/tele89/2010/03/17/pourquoi-le-jeu-de-la-mort-ne-denonce-pas-grand-chose-143215
J’avais pris connaissance de cette expérience télévisuelle cet été, en me disant que je devrais penser à allumer mon petit écran le jour où les conclusions passeront en prime time. C’est par pur hasard que je m’en suis souvenu, car si je n’étais pas allé sur le site de Rue89 dans la journée, je n’aurais jamais su que ce documentaire était diffusé le soir même. Tu me diras : on s’en fout. Bref, dés le départ, je me suis posé des questions : comment être sûr que les candidats ne trichent pas en omettant d’annoncer qu’ils connaissent les expériences de Milgram (assez célèbre, je précise) ? Sachant qu’ils jouent à un jeu télévisé, comment ne peuvent-ils pas comprendre que tout ceci est du pipeau ? Provoquer de telles douleurs à un être humain, pour un jeu ?!
Bon, admettons que tout ceci se soit déroulé dans les règles de l’art, les conclusions elles, sont hâtives ou incomplètes (Je vous laisse relire les articles ci-dessus. Remarquez, ça tombe bien, je n’ai pas pris de notes pendant l’émission, pensant que je me souviendrait de mes remarques intérieures, mais en fait non. Il y avait quelque chose qu’il m’avait interpellé, impossible de remettre le doigt dessus.) En bref, le réalisateur veut nous faire croire que la télé a plus de pouvoir sur nous, plus d’autorité, que les scientifiques en blouse blanche utilisés par Milgram dans les années 1960. (81% des joueurs sont allés au bout de l’expérience contre 60% chez Milgram). Milgram avait pourtant prouvé que ce chiffre évoluait selon le cadre, le déroulement de l’expérience, etc. Et des études qui lui sont postérieures ont depuis obtenus des « scores » similaires à celui du Jeu de la Mort.
Un autre point important qui m’a marqué lorsque j’ai visionné ce documentaire, et qui est très bien repris par Rue89 (si je leur fais pas de la pub, dans ce billet…), c’est que le réalisateur tombe dans le piège qu’il cherche lui-même à démontrer. Le film tire ses propres conclusions, nous montre vaguement deux-trois schéma, fais intervenir un scientifique barbu en blouse blanche… bref, il nous emmène là où il veut. En modifiant le montage, il aurait pu nous faire croire l’inverse. Nous prenons l’information télévisuelle pour argent comptant, et le discours de quelques personnes, mais présentées comme des spécialistes « de source sûre », le film, en nous proposant ses conclusions, tombe justement dans un argument d’autorité.
Malgré tout, en nous intéressant au-delà de ce documentaire aux les travaux de Milgram, l’expérience proposée ici était digne d’intérêt, je pense.

La rue Racine ne relie pas vraiment la place Graslin au boulevard Guist’Hau. Il faut passer par la rue Cassini ou la rue Marceau. Félicitations pour vos indications, madame, heureusement que je commence à connaître le coin.

Pour continuer sur le sujet de la télévision, laissez-moi vous faire lire un autre article de rue89 :
http://www.rue89.com/tele89/2010/02/02/tele-banania-la-ferme-des-celebrites-en-afrique-du-sud-136580
La télévision m’agace. Je ne l’allume d’ailleurs quasiment jamais. Les émissions intéressantes sont rares, voire inexistants sur certaines chaînes, et la bêtise, la démagogie, le politiquement correct et le navrant l’imposent dans la grille des programmes. Ici, avec La Ferme des Célébrités, on atteint le pire. Oh ! il y en a des programmes de divertissements idiots qui abrutissent la masse qui, fatiguée par la journée de travail, offre son esprit complètement disponible à cette merde. Je pourrais citer les Loft Story et consort, Next, l’Île de la Tentation, Arthur, Cauet et compagnie, etc. Mais, le retour à une telle image nauséabonde de la part de ces colons blancs en pays sauvage me file encore bien plus la gerbe. Au début du XXe siècle étaient exposés dans des cages, notamment à Paris, des nègres, curiosités sauvages aux yeux des blancs méprisant.
Ma haine contre ce système-là, ce racisme crasseux, cette médiatisation de la bêtise, cet éloge de l’ignorance pourrait me faire écrire des pages et des pages, mais pas aujourd’hui. Tous ces connards, je les vomis, je les méprise de tout mon être, qu’ils se noient donc dans la fange qui leur sert de cervelle.
La diffusion par ondes hertziennes va petit à petit disparaître. Je dois changer de télévision, ou investir dans un décodeur TNT avant mai si je veux continuer à profiter des programmes télévisuels. Si c’est ça l’autorité suprême, je ne suis pas certain de débourser quelques euros là-dedans… Mon cerveau n’est pas une déchetterie. Je n’ai rien à ajouter sur le sujet ce soir. Moi, je suis crevé.

Pardonnez ma prose inélégante ce soir, ma fatigue en est la cause.

Il faisait beau hier, je suis sorti sans mon écharpe. L’équinoxe de printemps est dans deux jours.


Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

aucune annexe



À voir également

Dans ma poche de blouson, j'ai un portefeuille, un porte-monnaie, des clés, des doigts parfois, et un lecteur MP3

« Ma feuille est blancheDevant moi tout est noirS’il vous plaît écoutez-moiJe suis tombé dans un...

Lire la suite

QCM

« Si tu kiffes pas, t’écoutes et pis c’est tout. »Lunatic, Si tu kiffe pas Allez, je fais comme mes...

Lire la suite