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Un breton chez les ch'tis

« Partir c’est mourir un peu »
Alphonse Allais

J’avoue ne pas être d’accord avec cette phrase bien connue de Monsieur Allais. Je ne dis rien sur la suite : « Mourir, c’est partir beaucoup. », on ne peut qu’être d’accord (nonobstant les Bikuras). Mais partir, c’est mourir ? Pour certains sans doute… combien parlent de renaissance à chaque départ ? Si l’on doit renaître, c’est qu’on a dû mourir, effectivement.
(Note sans rapport : le soleil chauffe actuellement mes mains et mon clavier, c’est fort agréable. Deuxième note sans rapport : le nouveau Merzhin se joue actuellement en concert dans mes enceintes, j’accroche pour l’instant moins que les précédents. Fin des notes sans rapport.)
Pour ma part, partir, c’est juste continuer à vivre, et même vivre davantage. C’est quitter ce que l’on connait, son confort, sa sécurité pour évoluer et faire plaisir à Darwin, ne pas rester statique. Même si je pensais rester un moment à Nantes, à l’orée de notre chère Bretagne, je savais que je n’y aurais pas fait ma vie. D’ailleurs, je n’ai envie de faire ma vie nulle part. Je n’aime pas le surplace, même si j’ai rarement le courage d’aller courir. Le monde est mon pays, comme dis l’autre, et j’espère bien en profiter. Il y a de bonnes chances pour que je ne connaisse au final que la France, mais qu’au moins, je ne reste pas indéfiniment au même endroit. Je discutais de cela avec plusieurs personnes, à des moments différents, dans des contextes différents. J’ai été surpris de constater le nombre de ces gens qui ne souhaitaient pas bouger, qui étaient bien là où ils étaient et n’envisageaient pas du tout de bouger. Les attaches sont trop importantes, il leur est difficile de laisser derrière eux amis et parents. Je ne sais pas… j’aurais l’impression de ne pas être complet, de ne pas avoir réussi à couper les ponts si j’étais resté en Bretagne. D’ailleurs, mes parents nous ont toujours encouragés à ne pas rester, à partir (de mauvaises langues diront qu’ils ne cherchaient qu’à se débarrasser de nous) et de faire notre vie loin d’eux. Parmi mes connaissances, certains ne connaîtront jamais une autre ville que celle dans laquelle ils sont nés, ou fonderont leur foyer dans un rayon de trente kilomètres autour des parents. Je trouve ça dommage, c’est du gâchis. Aimer son bout de terre, c’est une chose, en faire sa prison en est une autre. Bien entendu, il y a une part de hasard aussi dans le choix du lieu de vie : notamment à cause du travail. On prend les opportunités qui se présentent au bout d’un moment, et cela peut briser ou retarder des rêves d’évasion. Pour mon stage, j’avais cherché exclusivement sur Nantes, parce que je souhaitais vraiment quitter la Bretagne tout en ne m’éloignant pas trop… (téméraire, mais pas trop. Bon c’était surtout parce que j’aime bien Nantes et que ça serait plus simple en cas de chômage s’éternisant.) Et pour trouver un emploi, j’ai mis longtemps avant de me tourner vers Rennes, et bien plus en ce qui concerne Brest.

Finalement, ça sera Lille.

Huit mois de recherche d’emploi, et tout se concrétise en une quinzaine de jours, avec signature du contrat à Mulhouse et démarrage de l’activité professionnelle une semaine plus tard.
Ça fait bizarre quand même. C’est dans ces cas-là qu’on se dit : « Laissez-moi une semaine de plus, s’iiiiiiiiiiil vous plaiiiiiiiiiiit !!! » alors qu’on n’en pouvait plus de glander dans son appartement. Maintenant, se posent les questions pratiques : comment je vais faire sur Lille, moi ? Le deal de la boîte c’est de prendre quatre ou cinq jours d’hôtel le temps de trouver un appartement, au frais de la princesse. Bon, j’ai peut-être mieux en vue, à voir (lapsus gros doigts : le à voir est très proche de à boire). De toute manière, je ne pourrais sans doute pas déménager de Nantes avant juin… faut que mes parents trouvent le temps et mai est assez chargé.
J’ai hâte à dans deux mois… jusqu’à là, je sens la galère.

Bon, en fait, Lille ce n’est pas le bout du monde. Je verrais moins souvent ma famille et mes amis bretons, c’est tout. Et puis, je ne connais pas du tout la région, ça fait découvrir. Et c’est proche de la Belgique. Donc, ça va être bien. Je parle de partir, de voir le monde, et je m’éloigne juste que de quelques kilomètres, c’est un peu ridicule je l’accorde. Surtout comparé à des gens qui au même moment vont vraiment au bout du monde ! Mais c’est dans la tête. Chaque kilomètre parcouru avec mes pieds (et mes rails), est multipliée par sept par mon esprit. (Ne cherche pas la signification de cette phrase, malheureux, il pourrait t’en coûter !)

Je crois que le plus dur dans l’affaire, ça va être de vivre peut-être plus d’un mois sans PC ni Internet. (Parce que je n’ai pas de PC portable, évidemment). Ce fidèle compagnon qui se réveillait et s’endormait au même rythme que moi et qui montrait, mais toujours avec la dignité dont il a toujours fait preuve, quelques signes de fatigue. Tu me manqueras. Toi aussi, la Toile (on n’utilise pas assez ces jolies traductions françaises), tu me manqueras. Et toi aussi, blog, puisque tu seras forcément mis en pause pendant cette période. Du coup, ça me laissera plein de temps pour méditer ; j’ai pris beaucoup de retard dans mes mantras. Marrant, je me vois seul dans un grand appartement vide, à dormir par terre et manger des sandwichs. Hi hi.
Dans un premier temps, seuls mes vêtements, des livres et du papier m’accompagneront. Et c’est bien aussi.

Et quand tout cela sera fait, que j’aurais un appartement avec des meubles et mon PC, que mes premières payes m’auront été versées (je crois déjà savoir à quoi elles vont servir…), vous viendrez chez moi et on boira des coups.

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Auteur: Garbage Collector

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