GarbageCollector

Le blog qui lutte contre les fuites de mémoire.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tout ce que tu bectes pour garder le goût de moisir à crédit dans un putain de trou

« Cette parole d’Evangile
Qui fait plier les imbéciles
Et qui met dans l’horreur civile
De la noblesse et puis du style
Ce cri qui n’a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite
Ni Dieu ni maître »
Léo Ferré, Ni Dieu ni Maître

C’est un anniversaire aujourd’hui. Pas le mien, pas tout à fait encore. Je vous le donne en mille : c’est le 11 SEPTEMBRE ! (voix d’Homer inside). On fête la chute des deux tours de Babel à New York, le fameux headshot des avions de ligne. Bon pour tout vous dire, je n’en sais rien si il y a des commémorations pour cela, mais comme il y en avait les années précédentes, je suppose que ça va durer assez longtemps. Du moins, tant qu’il faudra expliquer la raison pour laquelle un pays d’Asie centrale est encore  aujourd’hui occupée par les forces armées de la coalition des sauveurs du monde. Un pays qui n’a jamais connu la paix depuis 1978.

Le 11 septembre 2001, c’est la sortie du dernier album en date de Noir Désir. Si, si, même que ça a dû leur faire un sacré coup de pub : la chanson Le Grand Incendie est sorti dans les bacs à point nommé !

Chose amusante : je fredonnai une chanson sous ma douche, et bien sûr, en sortant, je l’ai tout de suite youtubé et wikipédié, parce que j’aime bien connaître ce que je fredonne. Et bien, figurez-vous que cette chanson, d’après wikipédia, a été rendue célèbre après le coup d’état chilien du 11 Septembre 1973.


Les chants révolutionnaires provoquent toujours un certain émoi dans le cœur des gens (et même du mien, c’est dire). Je ne sais pas trop pourquoi, une manière sans doute d’expulser l’air retenu bien trop longtemps dans nos poumons, de peur qu’on nous le vole. Ça me rappelle les manifs avec les gens le poing levé à la Tommy Smith, chantant l’Internationale. (Pour acheter le dernier I-Phone merdique d’Apple pour une somme super élevée afin d’être grave à la mode, il y a Eurocard Mastercard et le découvert autorisé, mais voir sa mère chanter super faux « C’est la luuuutteeeeuh finaaaaaleeeeuh », ça n’a pas de prix !)
On ne peux pas nier que des chansons comme El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido, Bella Ciao, le Chant des Partisans ou Le Temps des Cerises sont de très belles chansons. C’est l’instant de liberté, de colère et d’encouragement que parfois nous avons besoin. Pour rejoindre un peu une autre discussion entamée ailleurs, je ne crois pas au pouvoir des manifestations, des grèves ou des pétitions dans notre société. Ce sont juste des fenêtres qu’on nous ouvre pour éviter l’autodestruction. Pour nous rassurer sur notre propre pouvoir. On me rétorquera qu’il vaut mieux montrer son désaccord, même si c’est inutile que de ne rien dire du tout. « Qui ne dit mot consent » dit l’adage. On peut se taire, et suivre, ou suivre mais l’ouvrir. La différence est subtile : dans le second cas, on interdit à notre futur de dire que nous nous sommes tus, qu’y il n’y a pas eu protestation. C’est subtil mais, je le conçois, primordial. Une question d’honneur. Mais cela demeure inutile.
Nous vivons, je le pense, dans une société mondiale verrouillée. Les pouvoirs ont bien plus la main-mise sur notre existence : chaque révolte est réprimée en peu de temps. Il n’y a même plus besoin de l’armée, il suffit de contrôler l’agro-alimentaire, l’accès à l’eau, à l’information. En réalité, la manière le plus simple de maîtriser un peuple est bien connu : il suffit de lui faire croire qu’il est libre. Et il le croira. Il sera libre d’acheter le nouvel I-Phone (comment ça ? Je ne vous avais pas dit que je n’aimais pas Apple ?), de regarder le programme qu’il veut sur les 350 chaines de télé disponibles, d’avoir le choix dans la merde qu’il avale au lieu de chier (Quick ou Mac Do aujourd’hui ?).
Il y a les CRS, le pouvoir de la répression (ou gardien de la paix, au choix… « C’était I-RO_NIQUE » (Homer inside)) et cette police-là :


Je ne suis pas du tout belliciste. Je suis même plutôt antimilitariste. Mais je ne vois pas d’autres solutions de révolte que la violence. On me dit souvent : « Un jour, ça va péter, tu vas voir. » Malheureusement, je reste sceptique, les récents évènements de Madinina me donnent raison : révolte étouffée, rien n’a changé pour ce département français loin de tout : « Et les cocotiers ne cachent rien de la misère. »
Je crois qu’il y a quelques décennies, le mouvement populaire était encore efficace. Mais nous sommes devenus particulièrement pessimistes, cyniques ; et à mon avis à juste titre. Nous ne faisons qu’espérer, mais nous n’y croyons plus vraiment. Je ne suis pas, à l’instar de la très grande majorité des opposants, un révolutionnaire. Pour ça, il faut « les couilles, et le manche » (adapter cette citation d’une grande finesse à votre anatomie féminine, le cas échéant.) Avoir le courage, ce n’est pas descendre dans la rue, ni signer des bouts de papiers que personne ne lira. Ce n’est pas non plus exprimer un point de vue dans l’anonymat du fleuve d’information qui se déverse dans l’océan de l’oubli… Dans certains régions du monde, le courage consiste « seulement » à se mettre debout, lever la tête, et dire non. Ici, il est plus difficile à trouver car dire non est particulièrement facile ; le faire entendre et surtout comprendre est bien plus complexe.

« Si vis pacem, para bellum » ; ce paradoxe très largement employé est dans bien des situations légitimes, malheureusement. Comment éviter une autre alternative ? Comment devenir libre lorsque les menottes sont invisibles ? Un lion dans une cage de dix kilomètres carrés ne sait pas qu’il est prisonnier. Comment faire plier une société qui nous rend à notre insu dépendants, et par conséquent, satisfaits de notre condition en nous distribuant le remède par petites doses un peu chaque mois ?
On peut au moins commencer en se forçant à penser par soi-même. En ne se bornant pas à croire tout ce qu’on nous dit, à être critique. La liberté débute ainsi ; la suite est plus floue. Il est extrêmement difficile de se défaire d’un système de confort afin de regagner sa dignité, et c’est compréhensible : traiter un problème à long terme est une stratégie payante, mais globale ; à court terme, il devient individuel… plus humain, en somme. La liberté physique se gagne dans l’unité d’un groupe de personnes, celle intellectuelle se gagne seul, je le crains, même s’il est possible d’être aidé.

Mon argumentaire ne ressemble à rien, et ne correspond même pas exactement à ce que je voulais vraiment dire. Il me manque même un ou deux paragraphes contradictoires (ce sont des notions qui soulèvent beaucoup de sentiments paradoxaux). Je vais alors les résumer ainsi :

Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

aucune annexe



À voir également

Dans ma poche de blouson, j'ai un portefeuille, un porte-monnaie, des clés, des doigts parfois, et un lecteur MP3

« Ma feuille est blancheDevant moi tout est noirS’il vous plaît écoutez-moiJe suis tombé dans un...

Lire la suite

QCM

« Si tu kiffes pas, t’écoutes et pis c’est tout. »Lunatic, Si tu kiffe pas Allez, je fais comme mes...

Lire la suite