GarbageCollector

Le blog qui lutte contre les fuites de mémoire.

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Dans ma poche de blouson, j'ai un portefeuille, un porte-monnaie, des clés, des doigts parfois, et un lecteur MP3

« Ma feuille est blanche
Devant moi tout est noir
S’il vous plaît écoutez-moi
Je suis tombé dans un trou de mémoire.
Au rendez-vous du soir, elle venait toujours à l’heure.
À croire que mon inspiration est allé voir ailleurs. »
Mokless, Trou de mémoire.

Lorsque je sors de ma bulle de 35 mètres carrés pour me frotter à la vie humaine, je suis toujours couvert comme il le faut : blouson fermé jusqu’en haut, écharpe noué autour du cou, du menton et de la bouche, gants, parfois bonnet, et en guise de cache-oreille, un casque Philips à la prise Jack pétée. Je ne quitte pas mon appartement sans mon casque, et mon mp3, je vais au boulot avec, je fais mes courses avec, et vais laver mon linge avec. Ça me donne un air assez étrange, certes. J’ignore si la jeune fille au kebab que j’ai croisé sur le passage piéton m’a souri car elle rendait hommage au charme émanant avec tant de naturel de ma belle prestance, de mon regard doux et profond et de ma barbe-de-trois-jours-d’une-semaine-de-baroudeur, ou si son sourire évoquait plutôt une moquerie bonne enfant quant à mon allure si… dépareillée (le casque, les cheveux nawak, la barbe qui va avec, l’écharpe serrée et qui remonte sur le menton, une veste en cuir classe, un jean normal, et des pompes en toiles trouées. Si si).

Bref. Mon principal souci réside dans ce petit objet qui tient dans ma poche, et qui me suit donc partout. Mais comment vais-je bien pouvoir remplir ce lecteur MP3 ? Bah ouais, comme j’écoute en permanence de la musique, ce n’est pas facile de se renouveler, ça tourne toujours un peu en boucle. 
Niveau son, le choix est éclectique : différents styles se côtoient, différentes ambiances, ça me permet de pouvoir choisir la sonorité qui me sied le plus au moment souhaité, selon mon humeur. Soyons francs : je ne suis pas mélomane, je n’ai aucune connaissance musicale (je sais tout juste placer les notes sur la partition), je n’ai pas une très bonne oreille, je chante particulièrement faux et je n’ai jamais su tenir un rythme plus de deux minutes. Cela ne m’empêche en aucun cas d’aimer la musique, et d’en écouter énormément ; et en plus d’être exigeant dans ce que j’écoute. (Bon… exigeant, c’est relatif ; en citant les noms des artistes que j’écoute, beaucoup me diront : « Ben si c’est ça pour toi l’exigence… »)

Donc voici un petit panel (une partie hein, je vais pas tout faire en un post) de ce que celui qui me volera mon lecteur portable trouvera. (D’ailleurs, il fera tout pour me le rendre, se rendant compte que je suis un mec bien ; que c’est dérober une partie de mon âme que d’avoir chapardé ce bien-là. Moi, magnanime autant qu’ému par ses repentirs, je le lui laisserais, bon prince, et il m’en remerciera avec des larmes d’admiration au fond des mirettes.)

J’ai souvent au moins un album de Noir Déz au fond du jukebox. Les albums tournent, et en ce moment, 3 de leurs meilleurs albums (leurs meilleurs albums sont ceux sortis entre 1984 et 2003) se partagent le gâteau Noir Désir : Du ciment sous les plaines (« (…) qui savait au début, qu’il y aurait une fin, qui êtes-vous messieurs-dames, pour me parler comme ça (…) »), 666667 club (« (…) ce fut un siècle formidable (…) ») et Des visages des figures (« (…) et même lui laisser un certain goût de fer, et ce bouquet de nerf. »). Noir Désir quoi.


À ton étoile

J’ai aussi du Gorillaz. Groupe virtuel, dont l’aspect visuel, les clips sont aussi importants que la musique (normal lorsque l’un des fondateurs du groupe est Jamie Hewlett, auteur de la bd Tank girl dans les années 1990) et dont le style est indéfinissable tant il s’inspire de toutes les musiques. Bref, j’adore. En ce moment, c’est Plastic Beach qui tourne, album bien plus rap que les précédents ; il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dedans (de toute manière, il m’avait fallu un peu de temps pour rentrer dans Demons Day, qui est pourtant tout à fait génial).


Stylo

Changement radical de ton. C’est l’Autriche, mais la voix chante en anglais. C’est une fille, dix-neuf ans au moment où elle a sorti l’album, quelque chose comme ça. Et c’est une ode à la déprime. Je dis ça, j’en sais rien, mais je le perçois comme ça. Je trouve ça beau, assez envoûtant, mais c’est pas joyeux, pas vraiment, non. Elle s’appelle donc Soap & Skin, et l’album se prénomme Lovetune for Vacuum. Il faut la voir aussi en vidéo de concert : ce sont autant des concerts que des performances. Je vous conseille aussi le titre Janitor of Lunacy d’un précédent EP.


Marche funèbre

Découvert tout récemment (bon, de toute manière, c’est un premier album, et il est sorti il y a quelques chose comme un an), Music for imaginary movies de Berry Weight est sans doute l’album qui m’a fait le plus rêver de ces derniers mois. Voyage onirique, reposant, quelques scratches discrets, quelques jolies voix sur certains morceaux… L’album qui m’apaise. (Écoutez également Sky Below.)


The way of the Dodo

Comme j’ai pu le voir en commentaire youtube concernant Berry Weight : « influenced by bonobo…but still this is a masterpiece. » De fait, il n’a pas tort ; on ressent la pâte du DJ anglais dans cette musique et, vous savez quoi ? Bonobo tourne également en boucle dans mon lecteur MP3. Animal Magic, Black Sands (mon préféré, je pense), Days to come… autant d’albums qui m’emmènent à l’autre bout de la galaxie, en pirogue, au terme d’un voyage apaisant quoique millénaire. Au moins ça. (Également : Kota)


Kong

En un seul pas, je peux parfaitement passer de la campagne à la ville, de l’oxygène à l’anxiété. Et c’est Abstract Keal Agram qui va m’aider à franchir les portes du métro. Groupe rennais n’existant malheureusement plus, les Abstract Keal Agram ont sorti 3 albums, mais je n’ai vraiment écouté qu’un seul : Cluster ville. Le deuxième album, a de nombreux défaut, mais l’atmosphère qui s’en dégage est sombre, urbain, voire suburbain. M’étonne pas qu’en invité sur l’un de leurs titres, le groupe La Caution et James Delleck aient souhaité mettre quelques paroles là-dessus. À noter que sur le dernier album, t’as un putain de titre avec Arm de Psykick Lyrikah (encore un mec de Rennes) : Et la nuit s’éternise. (Faut que je réécoute cet album, moi.)


Audio Crash

Restons dans la rue, alors, avec les quelques MC qui se partagent le microphone. Récente sortie, retardé de 6 mois pas loin, mais on est habitué de toute manière avec la Scred. Bah ouais, quand on a décidé de faire dans l’indépendance, de monter son propre label, et de pratiquer le même rap sans concessions depuis 15 ans, je me doute bien qu’il doit y avoir quelques problèmes de logistique par moment.
Bref, Mokless, l’un des membres de la Scred Connexion (rappelez-vous, Fabe en faisait partie avant de quitter la musique) sors son premier solo. J’avoue ne pas avoir attendu grand chose de cet album, car ses dernières prestations, notamment au sein de son groupe, m’avait un peu laissé froid. Ni vu ni connu, le dernier cd de la scred, n’avait pas convaincu : trop inégal, trop d’invités un peu foireux. Malgré tout, en fanboy, j’ai quand même acheté le Poids des Mots. En fin de compte, bien ce ne soit pas le cd de l’année (le cd de l’année est sorti le même jour, je vous en reparle plus bas), il se laisse agréablement écouter, si on supprime les quelques chansons médiocres de l’album. Mokless a toujours le désir de jouer avec les mots, et ça se sent ; il se fait plaisir. L’extrait offert est un titre avec son groupe, Mokless est le premier à rapper. (Le dernier à passer, pas son meilleur couplet d’ailleurs, nous avait gratifié il y a trois quatre ans d’un album très réussi, et avait à l’époque pas mal surpris : Haroun, Par où commencer)


Cri de guerre

La Rumeur, je les ai à plusieurs reprises cités dans ce blog. C’est également un rap sans concessions, tout à tour violent, réfléchi, poétique. Si Ékoué peut m’agacer par moments, il reste un pilier solide, capable au fil des albums, du meilleur (Là où pousse mes racines) comme du meilleur (Blessé dans mon égo, issu de leur premier maxi). Hamé, lui, a une vraie plume de poète, il manie les images comme peu savent le faire dans le rap français. Mourad et Philippe, un peu plus en retrait, proposent tout autant que leurs deux compères des texte d’une qualité indéniable. C’est l’un des groupes que je peux écouter en boucle sans m’en lasser. Toujours un album dans mes oreilles, en ce moment, je reviens vers le premier album (après les trois volets), L’ombre sur la mesure.


Le cuir usé d’une valise

Le même jour que le Poids des Mots, est sorti le second album de l’expérience Angle Mort. Titré cette fois-ci Les contes du chaos, il est à mon avis, et je vous jure que c’est en soi une gageure, plus réussi que le précédent. De quoi s’agit-il ? De la fusion de deux mondes différents, celui du free rock du groupe Zone Libre (composé de Marc Sens, Cyril Bilbeaud et Serge Teyssot-Gay (oui, oui, le même)) avec les rappeurs Hamé (seulement sur le premier album), Casey, et B. James (en remplacement d’Hamé). La Rumeur, Casey, Anfalsh, c’est un peu la même famille. Ils font le même genre de rap, ils collaborent régulièrement, bref, pas étonnant de voir Casey faire un disque en commun avec Hamé. Pour des raisons obscures, Hamé s’est barré, aussi le compère de Casey vient poser sa voix grave sur Les contes du Chaos. Ce second album est à mon avis plus abouti (malgré le petit bémol concernant B. James : sa voix trop grave est difficilement audible sur certains morceaux), meilleure alchimie entre les guitares saturées et le rap incandescent de Casey. Elle prend du coup un peu moins la vedette, les musiciens sont un peu plus mis en avant. Et c’est génial. On retrouve même un peu de la guitare de Tostaky par moments, ça fait plaisir !


À la seconde près


Aiguise-moi ça. (Je voulais mettre Haut lieu du scabreux, mais je n’ai pas trouvé sur Youtube.)


Carnet de ma cage

J’en ai encore beaucoup dans mes 4Go de mémoire flash, et sur mon disque dur. Mais pour ce soir, je m’arrêterais là.
Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

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