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Mon Sommeil (Mobster)

« La paralysie du sommeil est un trouble du sommeil (…) qui se caractérise par le fait que le sujet, sur le point de s’endormir (paralysie hypnagogique) ou de s’éveiller (paralysie hypnopompique) mais tout à fait conscient, se trouve dans l’incapacité d’effectuer tout mouvement volontaire. À cette sensation d’immobilisation sont couramment associées des hallucinations auditives, kinesthésiques ou visuelles ainsi que des impressions d’oppression, de suffocation, de présence maléfique et de mort imminente. »
Wikipédia, Paralysie du sommeil


Tu es sur le dos, et tu le sens venir. Tu ignores comment tu le sais, mais cela approche. La compression des oreilles d'abord, à trois reprises. Ta tête est prête à exploser ; finalement, elle reste en état. Puis, ce poids sur ta poitrine. Tu es incapable du moindre mouvement, tu cherches à te tourner dans le lit, tu n'y parviens pas. Alors tout s'éclaire, c'est le jour, tu vois la lumière à travers la petite fenêtre. Et tu voles ; non, tu te fais porter, tu ne décides de rien. Tu n'as aucune emprise et cela te ballote d'un mur à l'autre. Le poids est toujours présent sur ta poitrine et t'empêche de respirer. Tu sais que tu rêves, et cherche à t'en sortir : « Je veux sortir de ce rêve » te répètes-tu. Cela ne fonctionne pas, et tu continues à te prendre les murs, chacun d'eux, sans violence, mais sans douceur non plus. Ton corps reste raide, il est paralysé, et tu es balancé d'un bout à l'autre de la pièce, sans raisons, sans bruit. Tu as peur. Il faut qu'on te repose sur le lit, que la nuit réapparaisse pour que tu parviennes à reprendre le contrôle. Tu cherches à te tourner sur le côté, tu forces contre l'invisible. À deux reprises, tu penses y être arrivé, mais non, tes sensations te jouent encore des tours. Tu luttes, les yeux ouverts dans l'obscurité de ta petite chambre.
Enfin, tu parviens à te tourner, et ainsi sortir du rêve. Tu te retrouves en sueur, parviens à calmer ta respiration. La position inconfortable te fait te remettre inconsciemment sur le dos, et tu le sens tout proche, à nouveau, la pression de tes oreilles augmente. Rapidement, tu lui échappes, couché sur le flanc, face au mur. Cela ne t’aura pas une seconde fois cette nuit.

Finalement, alors que tu pensais repartir pour quelques heures d’insomnie, tu t’assoupis rapidement et ton frère t’explique comment regagner ta jeunesse. Tu viens de réapparaître, venu d’on ne sait où, tu as soixante-dix ans. Devant toi, posée sur la table, une demi-douzaine de petites arches en bois, de couleur différentes. Tu parviens aisément à allumer les cinq feux de la porte rouge, tu n’as pas trop perdu la main. C’est la porte blanche qui te permettra de retrouver ta jeunesse. Tu connais les mots, tu les a appris jadis. Tu prononces celui qui allumera le premier feu blanc. Tu n’en doutais pas, l’énergie est considérable et tu ignores si tu seras capable de poursuivre. Tu n’avais jamais vu la porte blanche, ton frère a appris ces secrets druidiques en ton absence. Tu commences l’incantation,  il s’agit d’un chant dans une langue inconnue, sur un air de kan-ha-diskan. Les deux autres feux vacillent, ne tiennent pas en place, et tu fatigues. La sueur envahit ton front et tu t’arrêtes, fais une pause. Le premier feu s’éteint à son tour. Tu n’y parviendras pas. Ton frère t’exhorte à continuer, et vous reprenez en chœur le mot unique qui embrasera l’arche, mais tu échoues à insuffler assez d’énergie à cette syllabe. Tu vois ton frère sortir l’arche noire, et le défends d’utiliser ce pouvoir, incontrôlable, obscur. Celui-ci n’appartient pas aux druides. Ton frère te répond, et te montre. Tous les pouvoirs doivent être compris, il lui a fallu passer par l’arche rouge, ainsi que la noire, pour trouver la blanche. Toutes sont liées, il ne s’agit que de facettes d’un même savoir. Les mots de l’arche blanche ont été découverts dans la lumière de la noire. Avoir peur de l’une de ces portes, c’est refuser la compréhension de cette magie.
Tu te remets alors au travail, le premier feu étincelle ; et tu chantes le savoir druidique, celui de tes ancêtres, celui de ton pays.


Mobster - Ondée urbaine (feat. Screenatorium)
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Auteur: Garbage Collector

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