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Un peu de fantasy dans ce monde de brutes !

« Oyez, donc, la chanson des héros Des tueurs d’orcs, valeureux guerriers Écraseurs de dragons, pourfendeurs d’ogres. La légende, vous la connaissez tous Elle conte la mort, le malheur, la destruction Puis l’espoir, la vengeance et la justice. Décoller le Sorcier, notre homme le fit ! » Introduction au lai des Deux Héros

Il y en a un qui devrait savoir à la fin ce que tout ceci signifie. Libre à lui de continuer l’histoire, si le cœur lui en dit !

***

Il n’y a plus à présent que la Lune et les constellations pour m’accueillir alors que je sors prendre l’air. Rien n’efface cette odeur de poussière, partout présente, ni ne remplace ce goût de cendre que j’ai constamment sur la langue. Le meilleur des vins, si tant est que je puisse un jour en ouvrir à nouveau une bouteille, ne saurait même me faire partir ces sensations désagréables, et mal gré, je m’en accommode néanmoins. Le vent de l’ouest annonce ma venue, et les arbres m’ovationnent, mouvant leurs branches de concert, lâchant leurs feuilles au sol d’automne comme autant de pétales sur le chemin d’un roi. Car roi, je le fus ; et jadis, hommes et femmes de tout rang m’applaudirent alors que je chevauchai le pavé royal, le chef tout juste ceint de la couronne d’étain. C’était le début du Temps des Rois, un temps de paix et de joie gagné à la force des bras, à la bravoure des cœurs, et à la pointe des épées – et des haches. Le Temps des Héros venait de s’achever, et la liesse qui la célébra alors dura cent et trois jours, cent et trois nuits. Afin d’être suivis du peuple, les gens de pouvoir choisirent alors les quatre nouveaux rois, les quatre couronnes qui allaient se diviser les nouveaux territoires, qui allaient avoir pour tâche de rendre la terre à nouveau cultivable, et les routes à nouveau sûres. Les orcs étaient vaincus et s’en étaient alors retournés à leurs steppes orientales, au-delà les Dents d’Elors ; et la tête du sorcier ornait toujours la plus haute des piques de Castel Feuréant. Rien ne s’opposait plus à des temps plus cléments, et les nouveaux porteurs de cette espérance de jours meilleurs n’étaient personne d’autre que les plus grands héros d’alors. Et je fus l’un des leurs, moi qui avait porté le coup final, en décollant le chef de l’ennemi à l’aide d’Embrune, l’épée qui battait mon flanc depuis mes premières armes. Elle me fut des années plus tôt forgée par Akrayos Klergan, autre héros s’il en fut, forgeron des Abîmes et des Sylaves, des anciens Royaumes pillés. Là était mort Kergan BleuBattoir, et mort en sa compagnie Sylagon Tesmid, des elfes de Tesmid, ainsi que sa sœur Linnad, héritière du duché marin, et ma promise d’alors. Avec eux, à la défense de Castel Tesmid, périrent les braves Jeros de Glanmor, Kelyt et Martin « Gros » Hylld, Saledor Vinas et même cette fripouille de Nodeil « Main Leste » Estaing, qui ne chercha finalement même pas à fuir. Ce fut sans honte que je lui rendis hommage à ses funérailles, et déposai sur sa tombe le lys gris de sa famille, pardonnant ses écarts de jeunesse et nos différends. Deux cités étaient tombées, après la mort de ces valeureux. Le sorcier, acculé avec le reste de son armée vers la côte, avait préféré attaquer les landes marines, sans véritables défenses, plutôt qu’affronter la justice. Les héros d’antan moururent au champ d’honneur, et je leur survécus ; les vengeai deux années plus tard, au Pont-des-Lacs, devenu depuis Gué-des-Brumes, lieu empoisonné et hanté par les spectres orcs. Personne n’habitait plus là, et rares étaient ceux qui empruntaient la route longeant le grand lac ; on disait que les maléfices du sorcier y étaient emprisonnés, et il était possible que ce fut le cas. La légende raconte que ne parvenant à le détruire, et que ma lame se brisa nette à son contact, je jetai alors l’Orbe au fond du lac, polluant à jamais la quiétude virginale de ce lieu. La réalité fut légèrement différente : mon souhait avait toujours été de le ramener à Castel Feuréant, afin qu’il y soit étudié, et que quelque chose de bon en soit finalement tiré. Je savais, pour l’avoir moi-même porté un temps, que l’objet en lui-même n’était pas à craindre, et qu’en de sages mains, il permettrait de relever le continent. Mais une dispute éclata entre moi et Aldanyon Milgarn, le héraut des Argaïs, qui entre tous les peuples du Mitan, représentait celui qui avait sans doute le plus souffert des méfaits du démon. Je le confesse, nous n’étions pas amis : il était arrogant et par trop orgueilleux, comme il se vantait d’avoir mis à bas les murs de Castel Kevon, provoquant ainsi la dernière fuite du sorcier. Il était preux et protecteur des survivants de son peuple, mais il aimait beaucoup trop son épée et le sang pour moi. Alors que la lassitude me gagnait en voyant s’achever la guerre, il ne jurait que par vengeance sans pitié, et il pourchassa sans relâche, ni pitié aucune, nos ennemis vaincus, où qu’ils fuyaient. De lâche et de faible, il me traita, lorsque je lui priai d’arrêter son massacre, et l’âge m’ayant donné quelque sagesse, je laissai là l’insulte. Mais il insista pour se débarrasser de l’Orbe, et je ne pouvais le permettre. C’est en toute conscience de me fâcher, et en me défiant, qu’il jeta l’objet magique au fond du lac. Ivre de rage, je me jetai sur lui, l’épée au clair, et nous en vînmes à ferrailler. Sottise ! Les premiers temps de paix furent donc tâchés de sang : celui de mon allié que je pourfendis au gré d’une botte judicieusement placée. Sa mort nous coûta l’opprobre de son peuple, qui séance tenante quitta la vallée et qu’on ne revit plus jamais.

J’étais avant la guerre aventurier, et guerrier. Ni soldat, ni chevalier, juste guerrier, et je me targuais d’être l’une des plus fines lames de ces temps-là. Pendant des années, et pour toute cause que j’estimais juste, je gageais mon épée et parcourais le Mitan, le Sull et le Dérod aux côté de mon brutal et fier ami de toujours, un barbare des Collines de Ksall. Nous forgeâmes notre réputation et notre gloire en nous battant dur, comme on le fit jadis de mes bonnes épées : d’abord Subarion, la lame de mon père, que je cassai contre le museau d’Axotl, le grand Rouge, puis Embrune que m’offrit BleuBattoir après que j’eus sauvé Castel Tesmid et que me fut promise pour fiançailles la belle Linad. Je ne la maria point, j’avais soif d’aventures et j’étais presque déjà un héros ; je promis toutefois de revenir honorer mes engagements au bout d’un an. Pendant cette année-là, mon compagnon et moi accomplirent les épreuves qui firent de nous les légendes que chacun aujourd’hui connaît. Nous tuâmes les six dragons de Jernal, libérant ainsi les mille esclaves, puis nous alliâmes à l’Archer Gris, prince elfe Amérfélen pour repousser dans la Gorge des Veneurs l’invasion des quinze clans orcs. Vorentfel l’elfe nous accompagna dés lors dans chacune de nos aventures, et ce jusqu’à sa mort, dans le giron du mal, en haut de la Tour Kevon. Mais ce fut après le déclenchement de la guerre ; toutefois, il fut des nôtres la première fois que nous affrontâmes le Sorcier maudit, Ivac le Feu-Noir. Nous faillîmes tous trois périr mais fûmes sauvés grâce au secours de Dragmir et son clan qui assaillit la Place aux Piments. Nains belliqueux autant que chaleureux, ils furent pour nous de braves amis. Mais l’attaque de la Place aux Piments était le prélude à la Guerre, et les temps étaient venus pour les royaumes du Dérod de s’unir. Vorentfel est mort, et je le pleurerais encore si j’en avais la capacité. Moi-même hante les tombeaux des rois, et depuis deux siècles alimente les légendes du Haut Château. Quant à mon cher ami, le Roi barbare de Ksall, ce cher Falir, il est mort avant moi également. Mais cette histoire n’est plus lors la mienne.

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Auteur: Garbage Collector

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