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Le Nirnroot ? Il aime l'eau, tu en trouveras près des lacs et rivières.

« Les plantes ont leurs droits ! Signez la charte des droits des plantes, et accordons-leur une place au Sénat de l’Espace Léviat !
Ne mangeons plus leur chlorophylle ! Chaque légume avalé est un meurtre au yeux du Tout Naturel Cosmique. »
Extrait d’un tract du Mouvement pour la Constitution Végétale.

La matinée était douce, et le bleu affiché par le haut (très haut) plafond plus qu’engageant. Mon holowall diffusait la dernière partie des Gold and Grey Whiters, le feuilleton dont tout le monde parlait au boulot, et que je trouvais pour ma part totalement insipide. Je le regardais néanmoins, pour éviter de passer pour la cruche de service, déjà que mon inculture concernant le Masochism Theatrical Show m’avait attiré bien des moqueries. Alors que Jogn Withers annonçait à son frère toutes les raisons pour lesquelles il estimait inconcevable que les Frejons soient payés, j’hésitais de plus en plus à ouvrir la baie vitrée pour profiter du temps sublime. Me voyant tourner en rond en jetant alternativement mon regard sur la figure d’ahuri de cet acteur de seconde zone et la verdure du jardin, l’un de mes Frejons s’approcha, inquisiteur :
« Vous avez-vous désirer une chose ? Mon maître ? »
Sa voix rauque m’insupporta alors que je prenais ma décision. J’avais beau lui répéter de ne pas me parler, tant sa grammaire était instable et son ton désagréable à l’oreille, rien n’y faisait : il était aussi têtu qu’il était stupide. Avec eux, discuter ne servait à rien, il leur fallait des ordres, simples et factuels, rien d’innovant ni qui ne devait jamais mettre à contribution leur imagination.
« Je sors. Amène-moi mes chaussures. »
L’idiot s’exécuta, et après les avoir chaussés, je sortis dans le jardin, tout en l’interdisant de me suivre.

Le tapis rougeâtre qui recouvrait le sol était encore humide, et la rosée perlait et reflétait l’éclat des sunspots. Un peu plus loin, les ouvriers paysagistes nettoyaient les allées et taillaient les arbustes ; il faut croire que c’en était la saison. Je savais que couper les branches ne devaient pas se faire à n’importe quel moment de l’année : il y avait une période plus propice qu’une autre, et, paraissait-il, elle n’était pas nécessairement la même pour chaque espèce. En l’occurrence, la taille concernait les arbustes mauves, tandis que ceux qui m’étaient le plus cher — ils donnaient des petites baies utilisées dans la recette de mon eau de vie — les jaunes, étaient laissés à l’abandon. Un moment, j’envisageai d’appeler le Frejon supérieur — vaste plaisanterie que cet épithète les concernant — pour le punir de son indifférence concernant ce plant jaune, mais il savait sans doute ce qu’il faisait. S’ils ne connaissaient rien à l’art, ni à n’importe quelle sorte de culture, les Frejons connaissaient le travail de nature, on ne pouvait pas le leur enlever. (Que leur aurait-il alors resté, le cas contrire ?) Ils étaient si délicats avec ces plantes, cela faisait presque peine à voir. Ils semblaient davantage aimer les arbres et l’herbe que leurs propres maîtres, combien même nous leur avons apporté la médecine, la civilisation. Bah ! Grand bien leur fasse ! Je m’en moquais, au moins ils n’étaient pas méchants. Je caressais doucement une immense feuille qui courait le long du petit mur bordant le sentier, et huma l’air ambiant. Il m’apportait des senteurs étranges que je ne parvenais pas à identifier. Les nombreuses fleurs qui paressaient dans leur enclos me renvoyaient tour à tour leurs couleurs chatoyantes, du bleu aigue-marine au orange estival. Les hauts arbres semblaient se parler sous la légère brise, me demandant lequel donnait ce petit fruit que j’affectionnais tant.

Je croisai bientôt trois Frejons occupés à planter un nouveau plant, dont la grande fleur me cracha son pollen alors que je la toisai. Je tendis le bras pour en effleurer la large feuille violacée, quand l’un des ouvriers m’attrapa le bras pour m’en empêcher.
« Non, vous-non. Maître. Vous toucher, non.
— Quelle sottise me chantez-vous encore ? m’emportai-je, me dégageant d’un mouvement brusque, donnant dans le même mouvement un coup de coude à son collègue.
— Clojjjur la mort ! Elle vous-attaquer vous-périr ! Clojjjur la mort !
— Me prenez-vous pour un abruti ? m’écriai-je, le menaçant de le frapper. Je vous ai vu la toucher, vous ne portez pas de gants, non ?
— Peau moi-immunisée. Clojjjur me faire moi-rien. Mais poison ! Poison ! Clojjjur la mort. » finit-il d’un ton catégorique.
Je ne me sentais pas de tenter l’expérience, aussi les laissais-je à leur tâche. Avisant tout à coup le fait que j’aurais pu mourir, s’ils n’avaient pas été présents par exemple, je décidai de faire demi-tour, résigné à regarder la fin de cet infâme biopic. Le jardin, trop dangereux pour un honnête homme. Plaisir bien futile que celui de ces autochtones crétins ; sur la Terre des origines, il y a bien longtemps que plus personne ne s’intéressaient aux plantes et aux choses de ce goût-là !

***

Vous n’êtes pas obligé d’être comme cet homme : peut-être que l’esclavage n’est pas votre tasse de thé, que vous avez trop de respect pour les Khajjits pour cela (ne me demandez pas pourquoi, depuis le début, j’avais en tête les Khajjits pour me représenter les Frejons), et que la nature vous attire. Peut-être même, pensez-vous que l’amour de la droséra en vaut bien un autre, et la position accroupie la plus pratique pour observer cet insecte tourbier en pleine reproduction. Peut-être que vous aimerez connaître le nom de cette fougère, ou la particularité acide de votre terre ; et si vous êtes Breton, vivant en Ile-et-Vilaine, voyageant souvent entre Rennes et Paimpont, vous serez ravi d’en apprendre davantage sur la flore et la faune sauvage locale. Du coup, le blog de mon frère est fait pour vous :
http://natureastthurial.over-blog.com/
En plus, il y a de très belles photos, toute de son cru !

Je répète donc :

http://natureastthurial.over-blog.com/

Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

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