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C'est qu'il en serait presque fier

« Salut, toi. »
Neeber, à Franc-Marché


Ouais. Je suis d’humeur taquin aujourd’hui. Il y a une pauv’ femme qu’en fait les frais, peut-être bien, mais si elle a un minimum d’humour, ça devrait, au moins, lui chatouiller les zygomatiques.
J’ai pris un contact au pif, vu que l’expéditeur du mail qui a tout déclenché n’existe pas, et que le seul contact que j’avais chez Altran, visiblement, depuis le temps, n’existe plus en tant qu’entité au sein de la société. D’ailleurs, c’en est que plus drôle : taper « Altran RH » dans Google, et récupérer le premier contact trouvé.
Bref, voici copie du mail que j’ai envoyé via Viadéo à cette demoiselle inconnue :


Bonsoir,

Je me permets de vous écrire ici, puisque je ne peux pas répondre à l’adresse mail de l’expéditeur, et que vous semblez chapeauter tout ce qu’est recrutement dans le coin.

Reçu ce jour, mardi 14 février 2012, de ALTRAN-recruitment@profils.org :

« Bonjour,

Nous avons eu le plaisir de vous rencontrer lors de l’évènement Salon Les Jeudis de Rennes et avons été sensibles à l’intérêt que vous portez à notre société.

Afin d’adapter au mieux nos propositions à l’évolution de vos attentes, nous vous invitons à compléter le formulaire vous concernant en cliquant sur le lien : Site RH Altran .

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de la suite qui lui sera donnée et ce dans les meilleurs délais.

Nous vous prions d’agréer nos salutations distinguées.


L’équipe en charge du recrutement »


Las ! Depuis février 2010, j’ai cessé d’attendre, hélas, et ait finalement accepté l’offre d’une autre. Qu’il doit être douloureux de se voir ainsi opposer un tel refus, en ce jour si particulier de la Saint Valentin ! Je crains que vous n’ayez à vivre un moment avec ce sentiment de déception, et vous présenter toute ma sympathie ne vous apportera, je le devine, aucune consolation. C’est un peu misérable, et sans grande fierté, que je me vois dans l’obligation de repousser ainsi vos espérances. Je me dois d’agir avec la plus grande honnêteté ; je suis certain que vous comprendrez, à cœur reposé.

En conséquence, je me vois malheureusement contraint de décliner votre offre de complétion de votre formulaire, vous évitant ainsi la peine d’adapter vos propositions, mes attentes étant à ce jour parfaitement comblées.

Nous éprouverons peut-être, dans quelques mois, une certaine mélancolie en repensant à ce que nous aurions pu être ensemble, et ce que nous aurions bâti. Dés lors, il nous faudra surmonter ces instants de troubles, et sécher ces larmes qui ne manqueront pas de venir irriguer l’amertume de nos regrets partagés.

Mais allons ! Soyons heureux déjà de s’être croisés, et à défaut d’avoir pu mener une vie commune et une collaboration fructueuse, nous garderons en mémoire le souvenir précieux de cette rencontre. En outre, j’aime à penser que vous apprécierez de savoir qu’ici je suis bien et me porte à merveille, et qu’il m’arrive aujourd’hui de ne plus penser à vous.

Je me permets, respectueusement, de vous présenter mes salutations compatissantes les plus distinguées, en espérant que vous ne me tiendrez nullement rigueur pour cette éconduite.


Et voilà comment potentiellement se griller, professionnellement parlant. Parce que Viadéo, c’est un peu le réseau social professionnel du tout venant, le Facebook de l’emploi. On y partage son CV, on s’échange des contacts, en espérant pouvoir y retirer un certain bénéfice, par exemple, un job.
Moi, je m’y étais inscrit, comme tous mes collègues de la fac, quand j’étais au chômage, ou sur le point de l’être. Le côté amusant de la chose, bien sûr, c’est que le système n’est utile que si on a déjà travaillé, pour avoir des contacts, faire fonctionner les relations.
Du coup, ça ne m’a jamais servi à rien. Jusqu’à aujourd’hui. S’en servir pour envoyer un tel message à une RH d’une grande boîte n’est peut-être pas très malin, je l’accorde. Après tout, le mot peut passer d’une bouche à une oreille et d’une oreille à une bouche, avant d’atterrir d’une bouche à une autre dans un lascif entrelacement baveux et un échange orgasmique de fluides salivaires pleins de rumeurs à mon encontre. Cela pourrait avoir pour conséquence fâcheuse, outre le risque non négligeable pour ces orifices buccaux de s’échanger des MST labiales, de me voir en bien mauvaise posture le jour, où changeant d’emploi, et croyant bien faire, je me présente à un entretien d’embauche dans le service informatique du programme d’implantation territorial de Mars. (Je mets un point ici, ça permet de respirer un coup, je fais des phrases longues, pour embrouiller les pistes et éviter qu’elles me retrouvent chemin faisan.) On pourrait, ce jour futur là, me ressortir ce vieux dossier  que le souffle chaud de la directrice des ressources humaines de ce projet fort prometteur viendrait caresser pour en balayer la poussière virtuelle qui l’aurait recouvert alors qu’il dormait dans un paisible coin de l’Internet oublié. Et ce dossier contiendrait, en sus des photos de moi nus à la fête du Soleil au sommet du mont Machu Picchu en train de m’abreuver à la source de l’origine du monde, cette lettre si électroniquement parfaite, mais néanmoins accusatrice d’un certain laisser-aller un soir de février demiledouze. Qu’aurais-je alors à répondre, en ce jour de mars de l’année du futur, pour me rattraper de ce mauvais pas et me sortir du traquenard dans lequel je me fourvoyai jadis ? Devrais-je alors me jeter aux pieds de la sévère matrone, pour assurer mes chances d’un jour parcourir cette planète au nom si proche de celui d’une divinité ancestralement latine, au risque de me jeter en pâture à l’indignité personnalisée ? Ou assumerais-je, jusqu’au-boutiste, vilipendant ouvertement ce système de recrutement légèrement méprisant qui consiste à répondre aux demandes deux ans après les faits, l’air de rien, comme si on s’était quittés hier ? Tout l’or du monde vaut-il toutes les Laure Dumonde ?
Bien sûr, il est aussi possible que rien de tout cela ne se produise, et que la personne ne goûte tellement pas mon humour (pourtant très drôle) qu’elle jette de dépit mon mail à la corbeille virtuelle, et se resserve un peu de Nutella, ça ne fera pas de mal, de toute manière, il n’y a pas de mâle dans mon horizon, et encore une Saint Valentin de passée toute seule jusqu’à son oraison, pfff, mais quand est-ce que je vais enfin trouver l’amour, allez je retourne à mon Marc Levy.

Bon, j’arrête là, je suis fatigué, en plus je viens de me rendre compte que j’avais créé une page Facebook pour Laure Dumonde, putain je crains. D’ailleurs, si vous êtes intelligents, vous pourrez aisément (mais vraiment le plus facilement du monde, z’avez qu’à trouver le mot de passe qu’est bête comme chou (mais c’est pas « bête comme chou » le mot de passe, c’est pas Ouverture Facile, ici)) vous y connecter en tant que Laure Dumonde et la faire vivre comme vous le souhaiter, lui trouver des amis, lui ajouter des photos, des loisirs. Bref, un vrai Tamagotchi.

Garbage Collector

Auteur: Garbage Collector

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